Armée: la solde des soldats pourrait être augmentée

Près de 35 ans après son dernier changement, la solde des militaires suisses pourrait être adaptée au pouvoir d’achat actuel. Une commission des Etats a dit oui, le Parlement décidera lors de la session d’hiver. Viola Amherd prévient qu’une telle mesure coûterait 15 millions de francs.
16 nov. 2021, 16:36
Les soldats en service sont indemnisées au moyen des allocations pour perte de gain.

La solde des soldats suisses devrait être adaptée au pouvoir d’achat actuel. Une commission du Conseil des Etats soutient de justesse une motion UDC du National en ce sens. Le plénum tranchera.

La motion de David Zuberbühler (UDC/AR) demande une réévaluation de cette solde, qui n’a pas changé depuis 1987. Au Conseil national, elle a été soutenue à deux contre un. La commission de la politique de sécurité des États la soutient par 7 voix contre 6.

La majorité considère que la solde a une valeur symbolique, indiquent mardi les services du Parlement. Les personnes en service sont indemnisées au moyen des allocations pour perte de gain. Une augmentation enverrait ainsi un signal positif aux militaires. Sinon, il faudrait songer à moyen terme à supprimer la solde.

Coûts raisonnables?

Mettre en oeuvre cette motion aurait un coût raisonnable, estime encore la majorité. Mais la forte minorité n’est pas de cet avis. L’augmentation de la solde proposée par l’auteur de la motion entraînerait des conséquences financières considérables pour l’armée, les cantons et les établissements d’affectation, selon elle.

Une telle mesure coûterait 15 millions de francs supplémentaires par an, selon la ministre de la défense Viola Amherd, opposée au projet. La solde devrait également être adaptée pour les personnes engagées dans la protection civile et le service civil, ce qui représente une dépense annuelle supplémentaire d’environ 5 millions de francs.

Pour la minorité, l’augmentation de la solde devrait être examinée dans le cadre d’un débat plus large sur la question des effectifs de l’armée et de la protection civile. La reconnaissance à l’égard des militaires doit plutôt se traduire par de bonnes conditions-cadre et notamment une instruction moderne. Le Conseil des Etats se prononcera en décembre, lors de la session d’hiver.