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Circulation: les femmes cibles de la prévention de la SUVA

Les femmes sont plus dangereuses que les hommes au volant. C'est du moins le constat posé par la SUVA pour sa nouvelle campagne de prévention qui vise à cibler plutôt Madame que Monsieur. Le Bureau de prévention des accidents (BPA), manifeste son opposition.

09 janv. 2013, 12:17
Le choc est survenu sur l'autoroute, peu avant la galerie.

Les femmes ont plus souvent des accidents de la route que les hommes. Ce renversement de tendance, connu depuis quelques années, doit amener à modifier la manière de faire de la prévention et à cibler davantage les conductrices, plaide la Suva. Une conclusion que rejette vivement le Bureau de prévention des accidents.

La nouvelle étude publiée mercredi par la Suva, issue du Service de centralisation des statistiques de l'assurance-accidents, confirme que les femmes sont désormais celles qui ont proportionnellement le plus d'accidents.

Les conductrices ne sont toutefois pas devenues plus dangereuses qu'auparavant. Le renversement de tendance est dû au fait que le risque a baissé de manière plus importante au cours des dix dernières années chez les hommes que chez les femmes.

Pour les hommes actifs entre 18 et 64 ans, le risque d'accidents a diminué de 26%. La baisse est même de 34% pour ce qui est des blessures graves. Chez les femmes actives, la diminution n'a été que de 15%.

Risque deux fois plus élevé

Conséquence, le risque d'accident de la route chez les femmes est actuellement de 25% supérieur à celui des hommes. Si l'on compare la fréquence des accidents par rapport aux kilomètres parcourus (les femmes parcourent en moyenne 40% de kilomètres de moins que les hommes), leur risque est même deux fois plus élevé, assure la Suva.

Plus précisément, le risque se concentre chez les femmes actives et sur la tranche horaire de 07h00 à 08h00 du matin. "Il semblerait que le trafic dense du matin constitue un facteur critique agissant sur les femmes actives", avance la Suva. Le stress et le manque de pratique de la conduite expliqueraient ce phénomène.

Revoir la prévention

Devant ces résultats, la Suva recommande une prévention accrue dirigée vers les femmes et en particulier les femmes actives. En effet, "la forte diminution de l'accidentalité des hommes au cours des dernières années prouve l'utilité d'une prévention ciblée".

Cette demande fait vivement réagir le Bureau de prévention des accidents. Le bpa ne conteste pas le fait que les femmes présentent un risque d'accident plus élevé. Il a même été l'un des premiers a publier début 2011 une étude sur le sujet.

Opposition en bloc du bpa

Mais le bpa rejette vivement les conclusions de la Suva en matière de prévention. Il est faux de vouloir cibler les conductrices, estime-t-il.

Les programmes de prévention doivent se baser sur le nombre d'accidents absolus et non pas sur les risques proportionnels de chaque catégorie démographique, défend le bpa. Le but est en effet de réduire le nombre global d'accidents.

Les accidents de voiture fatals ou impliquant des blessés graves concernent ainsi les hommes dans 64% des cas et les femmes dans 36% des cas, indique le bpa.

En outre, si l'on analyse les accidents entre un automobiliste et une automobiliste - la seule manière d'établir des statistiques sur la question de la responsabilité selon le sexe - les hommes sont responsables dans 54% des cas et les femmes dans 40% des cas. La faute est partagée dans les 6% restants.

Enfin, certaines des "faiblesses" des conductrices ne pourraient pas être modifiées par la prévention. On ne pourrait remédier au manque de pratique de la conduite que par une augmentation du nombre de kilomètres parcourus, ce qui n'est pas souhaitable, souligne le bpa. Et celui-ci de recommander la poursuite de la politique de prévention actuelle.

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