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Claude D. est un psychopathe incurable

Le psychiatre qui a observé Claude D., le meurtrier de Marie, juge qu'il est atteint de psychopathie et que le risque de récidive est élevé. Le criminel pourrait donc être interné à vie.

06 févr. 2014, 10:15
La Commission de haute surveillance du Tribunal cantonal (CHSTC) vaudois a rendu jeudi son rapport sur le drame de Payerne (VD). Elle explique pourquoi elle se considère compétente de demander un complément d'enquête pour combler les lacunes de l'expertise Bänziger.

Les résultats de la première expertise psychiatrique du meurtrier de Marie sont connus. Claude D. est considéré comme un psychopathe inaccessible, à vie, à une thérapie. L'expert retient une responsabilité pénale entière. Il estime qu'un sérieux risque de récidive existe.

De telles conclusions pourraient amener la justice à prononcer un internement à vie à l'encontre du détenu aux arrêts domiciliaires qui a enlevé et tué Marie en mai 2013 près de Payerne (VD). Mais pour l'envisager, une seconde expertise doit être mise en oeuvre, comme la loi l'impose. Ce sera fait, a annoncé jeudi à l'ats le procureur général Eric Cottier: "il y aura une deuxième expertise".

Ce premier rapport est signé par un psychiatre et psychothérapeute neuchâtelois, le Dr Philippe Vuille. Ce spécialiste, qui a réalisé cinq entretiens avec le prévenu, est régulièrement mandaté par les autorités pour mener des expertises. Il ne s'était jamais occupé de Claude D. jusqu'ici, condition sine qua non pour sa désignation.

Personnalité dyssociale

Dans son document, l'expert observe que le meurtrier est atteint d'un trouble mental. Il retient une forme particulièrement grave de trouble de la personnalité dyssociale, équivalant au concept clinique de psychopathie. Le diagnostic de troubles multiples de la préférence sexuelle est également retenu.

Le rapport conclut à une responsabilité entière au sens du droit pénal. En clair, le meurtrier avait la faculté d'apprécier le caractère illicite de ses actes.

Déjà condamné pour assassinat

Le trouble constaté implique un risque très important de voir Claude D. s'engager dans des actions homicides similaires à celles qu'il a déjà menées à deux reprises. Avant la mort de Marie, il avait été condamné à 20 ans de prison pour l'enlèvement, le viol et l'assassinat de sa petite amie en 1998 à La Lécherette (VD). Il avait alors 22 ans.

Le risque de récidive est qualifié de "sérieux" par l'expert. Ce dernier estime "hautement probable" que Claude D. commette d'autres infractions et affirme que cela résulte de "caractéristiques de la personnalité de Claude D." Cet état est qualifié d'immuable et le fait apparaître, pour toute la durée de sa vie, comme inaccessible à une thérapie, écrit le Parquet dans son communiqué.

Internement à vie

Cette précision est importante dans l'éventualité d'un internement à vie. Dans une affaire semblable, celle du meurtre de Lucie, jeune fille au pair fribourgeoise, le Tribunal fédéral a annulé, en décembre, la décision d'internement à vie prononcée par la justice argovienne. Les psychiatres n'étaient pas en mesure d'affirmer que l'accusé, âgé de 29 ans au moment du drame en 2009, ne serait pas soignable jusqu'à la fin de ses jours.

L'argument est repris par Me Loïc Parein, avocat de Claude D.. L'homme de loi observe que "la possibilité de prédire ad aeternam l'incurabilité de mon client entre en contradiction avec ce que les experts ont pu dire jusqu'ici à ce sujet". Né en 1976, Claude D. est âgé de 37 ans.

Pas facile à résoudre

Le défenseur, qui a reçu jeudi matin le rapport, doit encore prendre connaissance de l'expertise en son entier et en discuter avec son client. Mais il remarque d'emblée que "si l'expertise fait 157 pages, c'est que la question ne doit pas être si facile à résoudre".

L'homme de loi regrette que son client ait appris par les médias les conclusions de l'expertise. Les parties peuvent demander qu'un complément d'expertise soit ordonné.

Famille soulagée

Me Jacques Barillon, avocat de la famille de Marie, a salué le "travail considérable et très documenté" de l'expert, "à la mesure de l'enjeu". Le psychiatre "a rendu des conclusions qui confirment en tous points ce que j'ai toujours soutenu. Les parents et la soeur de la victime sont soulagés et satisfaits", a-t-il ajouté.

Le 13 mai 2013, Claude D. a enlevé Marie, 19 ans, à la sortie de son travail dans un restaurant de Payerne. Le corps de la jeune femme a été retrouvé deux jours plus tard, abandonné dans une forêt. La jeune femme avait été étranglée.

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