Coronavirus: dernières vagues particulièrement éprouvantes pour les soignants

La fatigue et l’épuisement mental du personnel soignant a augmenté en Suisse durant les dernières vagues de la pandémie. L’insatisfaction est également croissante.
22 nov. 2021, 15:43
Les soignants des services d'urgence et de soins intensifs ont été particulièrement touchés.

La charge de travail du personnel soignant a encore augmenté pendant la deuxième et la troisième vague de Covid-19 par rapport à la première. L’épuisement mental a également fortement augmenté tandis que la satisfaction au travail et par rapport au salaire a diminué.

Tels sont les résultats du dernier rapport hospitalier établi régulièrement depuis 2019 par l’Université de Berne. Pour la dernière édition, plus de 4000 soignants de 26 hôpitaux suisses ont été interrogés à la fin de l’été et au début de l’automne 2021.

Les deuxième et troisième vagues de la pandémie ont eu un impact nettement plus important sur le personnel soignant que la première.
Markus Arnold, l’un des auteurs du rapport

«Les résultats montrent clairement que les deuxième et troisième vagues de la pandémie ont eu un impact nettement plus important sur le personnel soignant que la première», explique Markus Arnold, l’un des auteurs cité lundi dans un communiqué de la haute école.

Sous pression

La charge de travail plus élevée a eu pour conséquence que le personnel soignant a dû travailler sous une pression du temps plus importante, avec des répercussions physiques et mentales négatives.

Les soignants des services d’urgence et de soins intensifs ont été particulièrement touchés: la charge de travail y a augmenté de 61% lors des deuxième et troisième vagues par rapport à 2019, soit avant la pandémie. La hausse est de 38% dans les autres services.

Risque de départs

La satisfaction au travail a diminué de 7% chez les soignants par rapport à la première vague. Pour le salaire, elle recule de 9%. Vues sur l’ensemble de la pandémie, ces baisses sont de 6 et 15% respectivement.

Selon l’étude, cette insatisfaction croissante entraîne une augmentation du risque que les soignants quittent la profession: après les deuxième et troisième vagues, 81% indiquaient vouloir encore exercer le métier dans deux ans.