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Crash du MH17: le train réfrigéré contenant les corps des victimes rentre en Urkaine

C'est un convoi des plus macabres qui s'est mis en route lundi soir. Le train réfrigéré contenant les corps des victimes du vol de Malaysia Airlines a quitté la zone rebelle pour rejoindre Kharkiv, contrôlée par les loyalistes ukrainiens. Sur le plan diplomatique, la Russie, isolée, contre-attaque.

21 juil. 2014, 19:08
Le train contenant les corps et les restes des 298 passagers et membres d'équipage a quitté la zone contrôlée par les rebelles pro-russes.

La Russie a mis au défi lundi Kiev et Washington de prouver leurs allégations contre Moscou et les insurgés prorusses, accusés de la destruction du Boeing de Malaysia Airlines jeudi dernier. La Malaisie a annoncé en fin de journée que les boîtes noires lui seraient remises dans la soirée.

D'après le ministère russe de la Défense, un chasseur de l'armée de l'air ukrainienne, vraisemblablement un SU-25, aurait volé à moins de cinq kilomètres de l'avion de ligne le jour de la catastrophe.

Selon l'Ukraine et les Etats-Unis, l'appareil a été abattu par un missile sol-air SA-11 de fabrication russe, tiré d'une zone tenue par les rebelles. Mais le ministère russe assure n'avoir jamais fourni de système SA-11 "ni aucune autre arme" aux séparatistes.

Moscou invite les Etats-Unis à partager leurs images satellites "s'ils en ont". Le général Andreï Kartopolov a souligné que "personne n'a vu ces images".

Autopsie à Amsterdam

Kiev a annoncé lundi la suspension de ses opérations militaires autour du site du crash pour faciliter la récupération des cadavres. Le train où se trouvaient 280 corps des victimes du vol MH17, bloqué en zone rebelle, a finalement quitté lundi soir la gare de Torez.

Le convoi doit gagner Kharkiv, une grande ville contrôlée par les forces loyalistes, où les dépouilles seront examinées et identifiées avant d'être remises aux familles.

Réagissant à la forte émotion aux Pays-Bas, l'Ukraine s'est déclarée prête à confier la coordination de l'enquête internationale à ce pays "qui a le plus souffert" et à envoyer tous les corps à Amsterdam pour autopsie, a annoncé le Premier ministre Arseni Iatseniouk.

Conquêtes sur le terrain

Tandis que cette affaire affaiblit de facto la position internationale des rebelles et du Kremlin, l'armée ukrainienne cherche à marquer des points sur le terrain.

Un bombardement d'artillerie a été déclenché à Donetsk lundi matin. Cinq personnes ont trouvé la mort dans des affrontements près de la gare et près de l'aéroport. Selon un combattant rebelle interrogé par l'AFP, les forces loyalistes, en provenance de l'aéroport, sont arrivées à deux kilomètres de la gare.

Et selon le service de presse de l'"opération antiterroriste", le drapeau national a été hissé à Dzerjinsk, une ville de 35'000 habitants au nord de Donetsk. Dans la région de Lougansk, les forces de Kiev ont repris la localité de Roubijné, poursuivant leur avance vers Severodonetsk et Lysytchansk.

Nouvelles sanctions en vue

Sur le plan diplomatique, la Russie cherche à contre-attaquer. Le président Vladimir Poutine a assuré que son pays ferait "tout ce qui est en son pouvoir pour que le conflit passe d'une phase militaire à une phase de négociations pacifiques par des voies exclusivement diplomatiques".

Le président américain Barack Obama a appelé M. Poutine à faire pression sur les rebelles dans l'Est de l'Ukraine pour qu'ils permettent le bon fonctionnement de l'enquête. Il a dénoncé une véritable "insulte" faite aux familles des victimes.

Côté européen, le Premier ministre britannique David Cameron, partisan de la ligne dure face au Kremlin, a demandé à l'UE d'adopter des sanctions économiques d'envergure contre la Russie et de cesser la vente d'armes à ce pays, pointant du doigt la France.

L'Union européenne va "devoir augmenter la pression" sur la Russie à la suite du crash, a annoncé de son côté le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, à la veille d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères qui pourraient décider de nouvelles sanctions.

Estimant que Moscou ne fait pas suffisamment pression sur les séparatistes pour les pousser à des négociations, et déplorant le manque de contrôle à frontière, par laquelle transitent toujours armes et matériels selon Berlin, M. Steinmeier a mis en garde contre le risque d'une "escalade dramatique".

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