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Début d'une période d'incertitude - Maintenir la voie bilatérale

L'économie et tous les partis, à l'exception notamment de l'UDC, redoutent à l'unisson la période d'incertitude qui s'ouvre avec le oui à l'initiative sur l'immigration de masse. L'économie plaide pour une application souple du texte de l'UDC. Tous souhaitent préserver la voie bilatérale.

09 févr. 2014, 22:04
''Le peuple suisse reprend son destin en main'' selon l'homme fort de l'UDC, le Schaffhousois Christoph Blocher.

L'UDC, seul vainqueur contre tous dimanche, a posé ses exigences: il appartient maintenant au Conseil fédéral de relayer la volonté du peuple suisse à Bruxelles, estime le conseiller national Luzi Stamm (AG). Il s'agit pour lui d'engager des négociations visant à «remplacer la libre circulation des personnes par des contingents».

Pour ce faire, il s'agit de former rapidement un groupe de travail chargé de faire des propositions pour limiter et gérer l'immigration. «Nous pouvons piloter l'immigration de telle sorte que les forces de travail puissent continuer à venir», estime son collègue de parti Heinz Brand.

Et l'UDC veillera à ce que le Conseil fédéral applique son texte à la lettre, prévient l'homme fort du parti Christoph Blocher dans une interview donnée sur sa chaîne «Teleblocher». «Le peuple reprend son destin en main en matière d'immigration. Et les Suisses bénéficieront à nouveau de la priorité sur le marché du travail», se félicite-t-il.

Pour l'Action pour une Suisse indépendante et neutre, «en plaçant les soucis des associations économiques au-dessus des soucis de la population, le Conseil fédéral est devenu un gouvernement minoritaire». Les partis au Tessin qui ont milité en faveur de l'initiative, soit la Lega et les Verts, avaient également le sourire. «Nous sommes toujours encore un Etat souverain», s'est réjoui Sergio Savoia, coordinateur des Verts tessinois.

Sauver la voie bilatérale

Dans le camp du non, c'est plutôt la soupe à la grimace. Pour les partis, il s'agit surtout de préserver coûte que coûte la voie bilatérale. «Isoler la Suisse au milieu de l'Europe serait fatal pour notre pays», écrit le comité interpartis contre l'initiative.

Et c'est Christoph Blocher qui doit conduire les discussions avec l'Union européenne (UE), demande le PLR. Le conseiller national UDC «se doit de trouver une bonne solution pour notre pays, de concert avec les autres partis». Plus sérieusement, le PDC entrevoit la difficulté: endiguer l'immigration sans mettre en péril la voie bilatérale avec l'UE, voilà le défi que doit relever le Conseil fédéral.

Pour ce faire, la Suisse doit «débuter sans délai les négociations avec l'UE», ajoute le président du PBD Martin Landolt. Car l'incertitude «est un poison pour le développement économique et la prospérité.» Pour les Verts, il «incombe au Conseil fédéral de limiter les dégâts» en négociant avec l'UE.

Protéger les salariés

Le PS a désigné les responsables: «C'est la défaite des milieux économiques et du PLR qui ont refusé d'entendre les souffrances des citoyens et ont bloqué l'aménagement de réelles mesures d'accompagnement, a déclaré son président Christian Levrat. Il voit de grosses difficultés se profiler à l'horizon, non seulement pour les entreprises mais aussi pour les salariés.

Dans la même veine, les syndicats USS et Travail.Suisse craignent une pression supplémentaire sur les salaires. Ils plaident pour des mesures strictes pour protéger les salaires et les conditions de travail.

Une application non bureaucratique

Les milieux économiques ont également fait part de leur déception: economiesuisse et l'Union patronale suisse veulent maintenant que des solutions «modérées et non bureaucratiques» soient trouvées pour limiter autant que possible les dégâts pour la place économique suisse.

Elles attendent les propositions de l'UDC qui a promis une mise en oeuvre «sans bureaucratie excessive». Parallèlement, elles soutiendront le Conseil fédéral pour expliquer la décision du souverain à Bruxelles. Plusieurs branches comme l'hôtellerie et la construction craignent de ne plus pouvoir recruter assez de personnel et redoutent une augmentation des frais administratifs.

Complications avec Bruxelles

Selon les organisations économiques, la décision de dimanche nécessite de nouvelles négociations sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Europe. Pour l'Usam, il est clair que le mandat de négociations avec l'UE dans le domaine institutionnel n'est plus à l'ordre du jour.

A Bruxelles, la Commission européenne a «regretté» le vote des Suisses. Bruxelles a averti qu'elle «examinerait les implications de cette initiative sur l'ensemble des relations entre l'UE et la Suisse».

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