Drame de Sierre: des parents critiquent l'enquête et la rapidité d'intervention des secours

Quelques parents de victimes critiquent l'enquête de la justice valaisanne, tout comme le temps d'intervention des secours.

27 janv. 2013, 08:10
Olivier Elsig est le procureur valaisan en charge de l’enquête sur le drame de Sierre. Il était allé en Belgique pour informer les familles sur l’avancement de l’enquête.

Une minorité de parents des victimes de l’accident de car de Sierre remettent en question l’enquête de la justice valaisanne, comme l’a relaté la RTBF sur son site vendredi. Ces cinq ou six familles de Lommel jugent que la piste du suicide du chauffeur n’a pas été suffisamment étudiée par la justice valaisanne. Les parents estiment également que le temps d’intervention des secours n’a pas été suffisamment rapide.

La thèse du suicide

«Très rapidement, ces parents ont privilégié la piste du suicide et ils cherchent à étayer leur thèse», explique Olivier Elsig, premier procureur du Valais central. «Pour y parvenir, ils se fondent sur des éléments de notre enquête». Le chauffeur avait pris un anti-dépresseur, le Seroxat. Les parents ont trouvé une information sur Internet disant que ce médicament peut donner des envies suicidaires.

Olivier Elsig assure qu’aucune piste n’est écartée. D’ailleurs, le médicament en question doit encore faire l’objet d’un rapport d’expertise. «J’ai toutefois de la peine à croire à cette thèse du suicide. La trajectoire du bus n’était pas droite. Il a d’abord touché le mur latéral puis est monté sur la bordure avant de subir le choc frontal. Il avait enclenché son régulateur de vitesse. Si on veut se suicider, je crois plutôt qu’on appuie sur le champignon et qu’on va tout droit», ajoute-t-il. L'enquête n'est donc pas terminée, même si elle arrive gentiment à son terme.

Les secours

Après avoir visionné les images de l’accident, les parents estiment qu’un temps précieux a été perdu lors de l’opération de sauvetage. Ils auraient constaté l’arrivée des secours 19 minutes après l’accident. Jean-Marie Bornet, chef de l’information et de la prévention à la police cantonale, le conteste: «La police a été alertée 8 secondes après le crash. Rapidement sur les lieux, la patrouille a sécurisé l’autoroute en fermant les deux tunnels avant de venir près du bus 10 minutes après le choc frontal. La première ambulance est arrivée 17 minutes après l’accident. C’est un bon timing».

De son côté, Olivier Elsig affirme que cette intervention est extrêmement rapide, mais il comprend toutefois la réaction des parents. «Je crois qu'ils ont trouvé ce temps long lorsqu’ils ont visionné le film. C'est certain que les minutes paraissent longues quand on imagine son enfant entre la vie et la mort».

Mettre fin à la polémique

Pour démontrer la rapidité d’intervention et mettre fin à la polémique, des images de la vidéo surveillance vont être montrées au grand public. Elles seront notamment diffusées dans le cadre d’une émission de Temps présent. «Nous ne montrons pas le crash, mais quelques éléments avec le minutage pour étayer nos dires», explique Jean-Marie Bornet.

«Je comprends tout à fait le désarroi de ces familles. Elles se posent des questions et nous devons y répondre en toute transparence», continue-t-il. Depuis le début de l’enquête, Olivier Elsig a d'ailleurs reçu de nombreux mails des parents: «j’y ai toujours répondu. Les parents ont également eu accès à tous les éléments du dossier».

Quoiqu'il en soit, Jean-Marie Bornet tient à saluer l’intervention des secouristes: «ce soir-là, tout le monde a donné son maximum et nous avons fait au mieux». Ce soir du 13 mars 2012, le drame de Sierre avait coûté la vie à 28 personnes dont 22 enfants. 24 enfants avaient été blessés. Ils rentraient d’un camp de ski dans le Val d'Anniviers.