Greenpeace demande un comité d'experts indépendant pour Beznau 1

Les défaillances constatées sur la cuve de pression de la centrale nucléaire de Beznau 1 doivent être soumises à une commission d'experts indépendante, exige Greenpeace. Ce comité doit conseiller l'autorité de surveillance quant à la poursuite de l'exploitation du site.
25 août 2015, 16:13
beznau

Le 16 juillet, l'exploitant Axpo a annoncé une prolongation de la révision du réacteur de trois mois pour Beznau 1 à Döttingen (AG). Pour Greenpeace, cette mise hors-service temporaire avec tout le préjudice financier qu'elle entraîne, démontre qu'il ne s'agit pas d'un problème bénin.

La nature des défaillances relevées dans la plus ancienne centrale nucléaire au monde reste toutefois peu claire en l'état, a souligné l'organisation écologique qui dénonce un manque de transparence. Seule certitude, c'est la cuve de pression du réacteur qui pose problème.

Il s'agit là du coeur qui contient le combustible à l'uranium hautement radioactif et où se déroule la réaction en chaîne, rappelle-t-elle. Mais ni le nombre, ni la taille, ni la localisation des défauts n'a été communiqué.

Défaut du matériau?

C'est à l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) de décider d'une remise en service de Beznau 1. "Je doute que l'IFSN soit en mesure d'analyser correctement de telles faiblesses dans un délai de quelques semaines", estime Florian Kessler, spécialiste des questions nucléaires de Greenpeace.

La tâche s'avère en effet délicate, les constats effectués sur la centrale étant inédits en Suisse. Axpo a évoqué un éventuel défaut du matériau. Mais pour l'organisation écologiste, cette hypothèse lui paraît problématique puisque les défaillances se trouvent dans la paroi de la cuve de pression, inaccessibles et seulement décelables grâce à un examen par ultrasons.

Garanties de transparence

L'IFSN attend désormais d'Axpo que les indications par ultrasons soient examinées plus en profondeur et évaluées. Le réacteur 1 ne pourra être redémarré que lorsque la sécurité des cuves de pression sera garantie, a-t-il fait savoir.

L'autorité de surveillance a déjà prévu d'associer des experts internationaux, a précisé mercredi son porte-parole Sebastian Hueber. Il n'a pas pu donner de plus amples précisions sur le choix des experts, car les travaux n'en sont qu'à leurs débuts.

Pour Greenpeace, les problèmes découverts à Beznau changent la donne du débat sur la Stratégie énergétique 2050, prévu cet automne au Parlement. Une durée d'exploitation de 60 ans comme l'a décidé le Conseil national est complètement irresponsable, estime l'organisation.