Interdite en Argovie, la visite d'un politicien de l'AKP a eu lieu à Opfikon (ZH)

D'abord interdite par la police argovienne, la visite d'Hursit Yildirim, vice-président de l'AKP d'Istanbul, le parti au pouvoir en Turquie, s'est tenue dans le canton de Zurich.
11 mars 2017, 13:25
La visite du vice-président de l'AKP d'Istanbul a finalement été déplacée à Opfikon.

Hursit Yildirim, vice-président de l'AKP d'Istanbul, le parti au pouvoir en Turquie, a participé à un meeting de campagne à Opfikon (ZH) vendredi soir. La réunion a été déplacée après une interdiction par la police argovienne de celle prévue à Spreitenbach (AG).

La réunion d'Opfikon s'est tenue auprès de l'association d'entrepreneurs turcs Müsiad Suisse. Un porte-parole de la police cantonale zurichoise a confirmé samedi l'information du Blick. Comme la réunion n'était pas publique, la police n'a pas été impliquée.

Hursit Yildirim aurait dû s'exprimer vendredi à Spreitenbach, à un meeting de campagne de l'Union des démocrates turcs européens (UETD) pour vanter la réforme de la constitution. Les Turcs devront se prononcer le 16 avril lors d'un référendum sur le renforcement des pouvoirs accordés au chef de l'Etat turc Recp Tayyip Erdogan au détriment du Parlement. La diaspora turque est elle aussi appelée à voter.

"Fête de famille"

Invoquant d'importants risques sécuritaires, la police argovienne a empêché la tenue de l'événement après consultation du conseiller d'Etat responsable. Initialement, Hursit Yildirim aurait dû se rendre à Zurich-Affoltern, où le meeting était annoncé comme "fête de famille". La Ville de Zurich a toutefois retiré son autorisation.

Reste à savoir si le ministre turc des affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu se rendra en Suisse dimanche pour une rencontre du même type. Un rassemblement prévu dimanche à l'hôtel Hilton à Opfikon (ZH) a été annulé par l'établissement.

Les autorités cantonales zurichoises avaient, elles, fait savoir qu'elles ne souhaitaient pas la venue de Mevlüt Cavusoglu par crainte de débordements. Le canton avait même interpellé le Conseil fédéral à ce sujet. Dans sa réponse donnée jeudi, Berne a toutefois estimé qu'il n'y a pas lieu d'interdire la visite du ministre turc.

Pas de base légale

A la radio alémanique, la secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Pascale Baeriswyl a complété en rappelant qu'il n'existe pas de base légale dans la constitution motivant une telle interdiction. En Suisse, la liberté d'expression est tenue en haute estime.

Pour interdire la visite de M. Cavusoglu, le Conseil fédéral devrait invoquer le droit de nécessité, explique la diplomate. Cela créerait un précédent et le gouvernement devrait à l'avenir décider à chaque visite d'un ministre s'il veut l'autoriser ou non.

Si la situation devait croître en tension, le Conseil fédéral pourrait revenir sur sa décision, a ajouté Mme Baeriswyl, dont les déclarations diffusées samedi ont été enregistrées vendredi.