JO 2022: les opposants ne croient pas à des Jeux "verts"

Les opposants aux Jeux d'hiver 2022 à Davos et St-Moritz ne croient pas à des Jeux verts et sans impact négatifs sur les générations futures.

16 janv. 2013, 16:52
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Les opposants au projet de Jeux olympiques en 2022 aux Grisons montent au front. Ne croyant pas aux promesses de joutes vertes, ils dénoncent le renforcement prévu des infrastructures de transport ainsi que les effets négatifs de l'endettement sur les générations futures.

En guise d'héritage des Jeux d'hiver de St-Moritz et Davos (GR), les plus jeunes subiront les conséquences des dommages causés à l'environnement et des dettes, a averti le comité d'opposition. Composé du PS, des Verts, du WWF, de Pro natura et de l'ATE, il lutte pour le "non" à la votation cantonale du 3 mars et aux scrutins communaux des deux villes concernées.

"Trompés sur la marchandise"

"Plus de compétitions, plus de sportifs, plus de fonctionnaires et plus de spectateurs: voilà la direction que prennent les Jeux olympiques d'hiver", déplore le directeur de la Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA) Bruno Walder. "Appeler cela du développement durable, c'est tromper les gens sur la marchandise."

La charte pour le développement durable, présentée la semaine dernière par les promoteurs des JO, relève davantage de l'idée de marketing que d'une intention crédible, affirme M. Walder. Elle ne quantifie en effet aucun but à atteindre.

Selon la conseillère nationale Silva Semadeni (PS/GR), il est insensé de concentrer les disciplines à Davos et en Engadine, régions aux capacités techniques et d'accueil limitées. Cela exigera des constructions temporaires pour un milliard de francs, "une aventure risquée". "Ce n'est pas un hasard, si les JO ont été organisés dans des villes lors des dernières éditions."

Les déficits sont la règle

Les opposants contestent également la promesse selon laquelle les Grisons, St-Moritz et Davos n'auront pas à assumer le risque financier des Jeux. "Lorsqu'il y a des déficits, c'est la manne publique qui passe à la caisse: la Confédération, le canton et éventuellement les communes", met en garde Silva Semadeni, présidente du comité.

Or, les déficits constituent la règle lors d'Olympiades, même lorsqu'elles sont planifiées sérieusement et selon des budgets réalistes, estime-t-elle. Les frais de sécurité des JO d'hiver de Vancouver en 2010 ont, par exemple, atteint un niveau cinq fois plus élevé que prévu. St-Moritz s'est elle-même retrouvée sous tutelle du canton pendant cinq ans après les JO de 1948.

L'argument des "Jeux pour la jeunesse" brandi par les promoteurs ne tient pas non plus la route, aux yeux des opposants. "Pour éponger les dettes, on économisera dans des domaines déjà sous-financés actuellement et qui nous toucherons le plus, nous les jeunes", affirme Hanna Bay, co-présidente de la Jeunesse socialiste des Grisons.