L'amitié franco-allemande enviée par Didier Burkhalter

Didier Burkhalter a célébré mardi à Berne les 50 ans de la signature du Traité de l'Elysée, symbole de la volonté de la France et de l'Allemagne de résoudre leurs conflits par le dialogue.

22 janv. 2013, 14:52
Comme tous les pays membres de l'ONU, la Suisse doit présenter tous les quatre ans un rapport sur le respect de tous les droits humains.

Didier Burkhalter a célébré mardi à Berne les 50 ans de la signature du Traité de l'Elysée, symbole de la volonté de la France et de l'Allemagne de résoudre leurs conflits par le dialogue. C'est aussi la voie du dialogue qui permettra de dépasser les tensions entre la Suisse et ses voisins, a-t-il dit.

En signant ce traité le 22 janvier 1963, le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle ont offert à leurs deux pays "un horizon commun". Ils ont fait preuve d'une "clairvoyance visionnaire" et d'une "grande compréhension mutuelle", a déclaré M. Burkhalter lors d'une cérémonie organisée par les ambassades de France et d'Allemagne à Berne.

Cet accord "montre de manière exemplaire à quel point il est important de cultiver de bonnes relations de voisinage. L'amitié n'est pas donnée: elle se cultive par les échanges, des activités communes et par un dialogue permanent", a ajouté le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Une priorité pour la Suisse

"La Suisse est elle aussi bien consciente de l'importance de cette volonté. C'est justement pourquoi le Conseil fédéral a fait des relations entre la Suisse et ses voisins une priorité de la stratégie de politique extérieure qu'il a adopté il y a juste un an", a martelé le chef de la diplomatie helvétique.

Devant les ambassadeurs français Michel Duclos et allemand Peter Gottwald, Didier Burkhalter n'a pas caché les sujets de tension, comme les "questions fiscales" ou le bruit des avions près de l'aéroport de Zurich. Mais il a insisté sur la nécessité de "résoudre ce genre de litige de manière pacifique en recherchant un commun accord".

La Suisse a récemment protesté avec force contre la décision de la France de résilier unilatéralement la convention bilatérale de 1972 sur les successions.

La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a également critiqué dimanche les menaces proférées récemment par le commissaire européen Algirdas Semeta de placer la Suisse sur une liste noire si elle n'ajuste pas dans les six mois sa politique en matière de privilèges fiscaux pour les entreprises étrangères. "L'art et la manière ont fait défaut", estime-t-elle.

Une construction démocratique

Auparavant, Michel Duclos avait remercié M. Burkhalter pour sa présence, y voyant "un signe politique fort". Il a rappelé que l'Union européenne avait "une attitude d'ouverture vis-à-vis de la Suisse" et qu'"au coeur de l'Europe, la France et l'Allemagne soutiennent avec force cette attitude".

Dans une tribune publiée dans "Le Temps", MM. Duclos et Gottwald ont en outre souligné la volonté de l'UE de "poursuivre des relations harmonieuses et équilibrées" avec la Suisse - qui, ont-ils rappelé, est "sans doute l'Etat non-membre le plus intégré au marché unique".

La coopération franco-allemande, appuyée sur la base du Traité de l'Elysée, reste l'un des piliers de la construction européenne. Mais l'UE est "une construction adaptable, ouverte et démocratique dans laquelle tous les membres, quelle que soit leur taille, ont leur mot à dire", insistent-ils.