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L'espionnage présumé d'un agent suisse suscite la colère des autorités allemandes

L'enquête ouverte suite à des soupçons d'espionnage par un agent suisse en Allemagne se poursuit. Elle se retrouve au coeur de la campagne électorale allemande. Les réactions sont vives.

05 mai 2017, 20:05
La chancelière Angela Merkel et le ministre des affaires étrangères, Sigmar Gabriel appellent à faire toute la lumière sur l'affaire d'espionnage présumé.

Jeudi soir, la Chancellerie fédérale à Berne a confirmé que l'Office fédéral de la police (fedpol) s'est adressé au Service de renseignement de la Confédération (SRC) dans le cadre d'une procédure pénale autour de données volées en Allemagne. La pratique est courante lorsque la collaboration policière et l'aide judiciaire internationale ne sont pas possibles.

Le Conseil fédéral a été informé de la démarche de fedpol en 2011 par le ministre de la défense de l'époque, Ueli Maurer. L'activité du SRC dans cette affaire a cessé en 2014, poursuit la Chancellerie fédérale.

Le fait que le gouvernement suisse ait été au courant des présumées activités d'espionnage suscite des remous en Allemagne. Aussi, Berlin exige que toute la lumière soit rapidement faite, a déclaré vendredi Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

"Inacceptable"

Le ministre de la justice Heiko Maas a annoncé le même jour un examen complet de l'affaire. "S'il s'avère que la Suisse a espionné les autorités fiscales allemandes, ce serait tout à fait inacceptable", a-t-il déclaré dans le journal Rheinische Post.

"Au lieu d'espionner les inspecteurs du fisc de Rhénanie du Nord-Westphalie, la Suisse devrait enfin sérieusement combattre la les activités financières douteuses et la fraude fiscale", a ajouté M. Maas. Elle ferait mieux de surveiller "ceux qui se font des milliards sur le dos de la collectivité".

"Ca ne va pas, d'introduire un informateur dans l'administration des finances d'un pays voisin", déclare pour sa part Norbert Walter-Borjans, ministre des finances de l'Etat régional (Land) de Rhénanie du Nord-Westphalie, vendredi dans un entretien au Blick. L'identité d'une éventuelle "taupe" recrutée par l'agent suisse n'est pas connue. "L'informateur peut se cacher n'importe où parmi les 28'000 collaborateurs de notre administration".

Quant au ministre de la justice de ce même Land, Thomas Kutschaty, du parti d'opposition SPD, il demande des excuses officielles à la Suisse. Dans le magazine Spiegel, il qualifie d'acte criminel l'espionnage présumé du fisc allemand par le SRC.

Relations "au plus bas"

"Ceci montrerait que la Suisse n'hésite pas à commettre un délit pour couvrir ses banques et leur pratique commerciale qui est la fraude fiscale", assène-t-il. Pour lui, les relations entre l'Allemagne et la Suisse ont atteint un plancher historique, a-t-il déclaré à l'agence dpa.

Mercredi, le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter a eu un échange téléphonique avec son homologue allemand Sigmar Gabriel sur l'affaire. "Il s'agit d'éclaircir les faits rapidement et de toutes parts", a commenté une porte-parole allemande.

Nervosité

Un rien suffit à échauffer les esprit: des notices volées ont été découvertes vendredi dans la voiture d'un inspecteur du fisc à Düsseldorf, capitale de Rhénanie du Nord-Westphalie. Des médias ont immédiatement fait le lien avec les CD-Rom suisses contenant les données de fraudeurs allemands du fisc. Peu après, un procureur général a calmé le jeu, précisant que les notes n'avaient aucun lien avec un CD-Rom acquis en Suisse.

Le franc-parler des politiciens allemands est aussi à mettre en lien avec la campagne électorale: la Rhénanie du Nord-Westphalie, Land allemand le plus peuplé, tient des élections régionales dans une semaine. Les élections fédérales allemandes auront lieu cet automne. D'ailleurs, le chef du SPD et candidat à la Chancellerie Martin Schulz a exigé des discussions "très sérieuses" avec la Suisse.

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