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L'Union syndicale suisse critique l'attitude des patrons

L'Union syndicale suisse s'en est prise au patronat dont l'attitude choque. Salaire minimum, augmentation salariale, heures supplémentaires ont notamment été évoqués.

14 déc. 2012, 15:05
Thomas Daum, le directeur de l'USS.

Chaque automne, patrons et syndicats se retrouvent pour négocier les salaires. Cette année, les discussions ont été particulièrement difficiles, dénoncent les représentants des employés, qui ne sont pas satisfaits du résultat. Les organisations patronales disent, elles, faire preuve de réalisme.

"Le spectre des adaptations salariales pour l'année prochaine est, comme prévu, très large", souligne le directeur de l'Union patronale suisse (UPS) Thomas Daum. Cela s'explique par les situations très différentes qui prévalent selon les branches. Si certaines se portent bien, d'autres sont durement touchées par la crise de la dette et le franc fort.
 
Par ailleurs, M. Daum fait remarquer que les salaires bénéficient cette année d'une inflation négative. Il faut en tenir compte à la lecture des taux d'augmentations négociés avec les syndicats.
 
Cette explication ne convainc pas l'Union syndicale suisse (USS). Celle-ci espérait que les patrons accordent à leurs employés des augmentations de salaires plus franches, comprises entre 1,5 et 2,5%.
 
Les revendications des syndicats concernant le salaire minimum des employés dans le secteur du nettoyage ont en revanche été entièrement satisfaites, comme le montre un document de l'USS que l'ats s'est procuré.
 
De 0 à 2% d'augmentation
 
Les augmentations de salaire vont de 0 à 2%. Les entreprises du secteur de la construction soumises à la Convention nationale ont ainsi accordé 0,5% d'augmentation. Dans la grande distribution, Migros offre entre 0,5 et 1% de plus et Coop va jusqu'à 1,1%.
 
Dans le domaine de la pharma, Roche est plus généreux et accroît la masse salariale de 1,4%. Il y a un an, les augmentations salariales variaient encore plus fortement selon les branches et étaient comprises entre 0,3% et 2,5%, d'après des données du syndicat Travail.Suisse.
 
Gel des salaires et mesures d'économie
 
Les patrons justifient le gel des salaires que connaissent certains employés cette année en expliquant qu'ils ne peuvent se permettre aucune augmentation. Il serait faux de prétériter le futur en tenant coûte que coûte à des augmentations salariales, souligne M. Daum.
 
Les économistes de la faîtière des entreprises economiesuisse prévoient une croissance modeste du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain de 0,6%. Le Secrétariat d'Etat à l'économie est, lui, plus optimiste avec 1,3%. L'USS se trouve à mi-chemin avec une prévision inscrite à 1%.
 
Heures supplémentaires
 
On construit de manière intensive, on fait des heures supplémentaires, "l'argent est là, mais il est mal distribué", constate pour sa part l'économiste en chef de l'USS Daniel Lampart. Ce dernier estime que l'argent finit dans la poche des patrons plutôt que dans celle des travailleurs.
 
Thomas Daum appelle, pour sa part, à la prudence. Il faut surveiller le niveau des commandes. Les marges sont déjà sous pression à l'heure actuelle et la croissance économique est faible. "Il faut faire preuve de réalisme", assure-t-il.
 
Pas d'entente dans la construction métallique
 
Les partenaires sociaux n'ont pas trouvé d'accord dans certaines branches. "On n'avait plus vu cela depuis longtemps", s'inquiète M. Lampart. Dans la technique du bâtiment et la construction métallique, Unia, qui est membre de l'USS, a ainsi décliné la proposition du patronat.
 
Cette situation est très dommageable au partenariat social, poursuit M. Lampart. Cela pourrait peser à terme sur le climat de négociation général et rendre les discussions menées l'automne prochain encore plus difficiles.
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