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La solidarité n'a plus de valeur en Suisse, estime Georg Kreis

Le racisme a gagné du terrain en Suisse, la société s'est durcie et la solidarité est devenue une valeur dont on se moque. Tel est le constat du président de la Commission fédérale contre le racisme (CFR) Georg Kreis, qui quitte son poste à la fin de l'année, au terme de son mandat.

02 déc. 2011, 12:17
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On ne parle plus de lutte des classes, mais de lutte entre «nous et les autres», note le professeur bâlois dans une interview parue aujourd’hui dans «24 heures» et la «Tribune de Genève». Les autres, ce sont ceux qui ont une autre culture, une autre couleur de peau ou  une autre religion.

M. Kreis ne souhaite pas peindre le tableau d'une Suisse insensible, mais il voit une difficulté à se mettre dans la peau de l'autre. «Pour connaître le potentiel raciste de ce pays, il faut être noir, juif ou porter un nom à consonance balkanique», résume-t-il.

Celui qui a souvent été la bête noire de l'UDC estime que les discours de ce parti et de l'aile droite des partis bourgeois ont contribué au durcissement de la société. A ses yeux, l'UDC et la droite dure confèrent à la CFR davantage de pouvoir qu'elle en a afin de pouvoir continuer à la combattre.

Pas un arbitre

Georg Kreis, qui a présidé la commission depuis sa création en 1995, rappelle que la principale mission de celle-ci est la prévention et l'observation de la discrimination raciale. «Il y a un malentendu, car la population et les médias érigent souvent la commission dans un rôle d'arbitre ou de juge.»

Il regrette que 90% des travaux de la CFR, comme des rapports ou des recommandations, ne sont pas remarqués par le grand public. Georg Kreis sera remplacé dès le 1er janvier par la conseillère nationale sortante Martine Brunschwig Graf (PLR/GE), élue à ce poste par le Conseil fédéral en novembre.

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