La Turquie bombarde à la fois les positions de l'Etat islamique et des rebelles kurdes

Les rebelles kurdes du PKK luttent contre l'avancée de l'Etat islamique en direction de la Turquie. Mais ils se trouvent aujourd'hui pris en tenaille entre les djihadistes et l'armée turque qui bombardent aussi bien leurs positions que celles de l'EI.
25 août 2015, 16:14
Les rebelles du PKK ont dénoncé les attaques de l'armée turque sur leurs positions (archives).

Des chars turcs ont bombardé un village du nord de la Syrie tenu par les forces kurdes, ont rapporté lundi les YPG (Unités de protection du peuple kurde) et une ONG syrienne. Ils ont fait au moins quatre blessés parmi les combattants rebelles alliés aux Kurdes.

Il survient alors que la Turquie a lancé ces derniers jours des frappes contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, mais aussi contre les forces kurdes du PKK - qu'elle considère comme un groupe "terroriste" - dans le nord de l'Irak.

Les YPG ont indiqué dans un communiqué que des chars turcs avaient touché leurs positions ainsi que celles de combattants arabes alliés dans le village syrien de Zur Maghar, dans la province d'Alep. Le "feu nourri des chars" a blessé quatre membres de la force rebelle alliée et plusieurs habitants, selon les YPG.

Autre bombardement

Le groupe kurde a également fait état d'un second bombardement contre le même village et une autre localité de la même région. "Au lieu de s'en prendre aux positions occupées par les terroristes de l'EI, les forces turques attaquent nos positions de défense", ont dénoncé les YPG dans un communiqué.

Ces bombardements ont également été rapportés par des militants et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, il s'agit vraisemblablement de l'intervention la plus sérieuse de la Turquie contre les zones sous contrôle kurde dans le conflit syrien.

Des échanges de feu transfrontaliers avaient eu lieu auparavant mais le bombardement de la nuit dernière est particulièrement sérieux en raison du contexte, soulignent des militants.