Le gouvernement égyptien appelle l'armée à l'aide

Les autorités égyptiennes ont émis lundi un décret qui permet à l'armée d'arrêter des civils et lui demande d'aider la police à maintenir l'ordre.

28 janv. 2013, 13:47
Des hommes armés, probablement des jihadistes, ont attaqué dimanche un poste-frontière entre l'Egypte et Israël, tuant 16 garde-frontières égyptiens

Le projet de loi doit encore être ratifié par le Sénat, dominé par les islamistes partisans du président Mohamed Morsi.

Le décret, qui permet à l'armée d'arrêter des civils et lui demande d'aider la police à maintenir l'ordre, s'appliquerait jusqu'à la fin des élections législatives prévues dans les prochains mois et "chaque fois que le président de la République le demandera".

De source proche du gouvernement, on précise que l'armée se comportera "comme une force de police". Cela signifie que les personnes arrêtées seraient traduites devant un tribunal civil et non militaire.

Nouveaux heurts

On ignore si la mesure s'appliquera à toute l'Egypte ou seulement à Port-Saïd, Suez et Ismaïlia, les trois villes le long du canal de Suez où le président Morsi a décrété dimanche l'état d'urgence pour trente jours.

Le bilan des troubles est passé lundi à cinquante morts avec le décès d'un passant tué par balles au Caire, près de la place Tahrir, où des heurts opposent la police et des manifestants. Ces derniers ont de nouveau lancé des pierres sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes.

Les troubles ont éclaté samedi après la condamnation à mort de 21 accusés, pour la plupart des habitants de Port-Saïd, pour une bousculade survenue il y un an dans le stade de football de la ville au cours de laquelle 74 personnes avaient trouvé la mort.