Le procureur estime que le "forcené" est irresponsable

Le retraité qui avait défié en 2010 la police à Bienne doit être déclaré irresponsable selon le procureur dans son réquisitoire. Il préconise un traitement thérapeutique stationnaire dans un établissement fermé en raison du risque de récidive.

11 janv. 2013, 13:20
Peter-Hans Kneubuehl, menotté, suivi d'un policier, se rend dans la salle du tribunal d'arrondissement de Bienne

Le procureur Andreas Jenzer a suivi les conclusions de la psychiatre qui a diagnostiqué chez Peter Hans Kneubühl des troubles délirants. Il a souligné que cette expertise était exhaustive et reposait sur des faits. Le procureur ne retient pas l'idée du traitement ambulatoire mais celle du stationnaire. 

Le représentant du Ministère public régional a rappelé que le retaité s'était rendu coupable de tentatives de meurtre et de lésions corporelles graves pour avoir tiré à plusieurs reprises sur des policiers. Le sexagénaire ne conteste pas avoir ouvert le feu mais répète qu'il ne dira rien à ce sujet.
 
Sentiment de persécution
 
Pour cerner la personnalité du retraité, le procureur a lu des extraits des déclarations que l'accusé avait faites à la police lors de l'instruction. Il se présente comme un défenseur de la démocratie et de l'environnement. Peter Hans Kneubühl s'érige comme une victime d'un Etat policier accusé de le persécuter depuis des années.
 
Le retraité se définit comme un prisonnier politique qui mène un combat solitaire contre ceux qui l'oppriment et qui veulent le faire taire. Il refuse de reconnaître la réalité malgré des preuves matérielles et donne l'impression d'être enfermé dans sa propre vision du monde.
 
Durant le procès, il n'a pas répondu aux questions portant sur sa fuite ou sur les coups de feu tirés sur des policiers. Il répète qu'il s'est défendu face à une agression. Jamais il n'exprimera le moindre regret pour avoir grièvement blessé un policier bernois.
 
Arguments politiques
 
Pour son avocat commis d'office, le retraité biennois doit au contraire être reconnu responsable de ses actes. Philipp Kunz appelle donc le tribunal à renvoyer le cas au Ministère public pour qu'il instruise un second procès où le "forcené" serait jugé pour les délits qui lui sont reprochés.
 
L'avocat a tenté de démontrer que son client a agi pour des motifs politiques et pas dans un état de troubles psychiques. Philipp Kunz a estimé que Peter Hans Kneubühl avait agi de façon cohérente et anticipé l'arrivée de la police.
 
Le retraité prendra la parole vendredi après-midi pour assurer sa défense. Il saura à la fin de la semaine prochaine si le Tribunal régional Jura bernois-Seeland prononce contre lui un internement dans une unité psychiatrique fermée.