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Les Académies des sciences militent pour les PGM dans l'agriculture

L'agriculture suisse n'a pas besoin des OGM, ont répondu mardi des parlementaires aux Académies suisses des sciences. Ils ne satisfont pas aux exigences de qualité voulue et engendrent des coûts trop élevés.

19 mars 2013, 13:35
Des tumeurs grosses comme des balles de ping-pong ont été découvertes sur des rats nourris avec un maïs OGM du géant américain Monsanto.

Les Académies des sciences sont venues dire mardi à Berne devant la presse leur "déception" face au manque de prise en considération des résultats du PNR 59 sur le génie génétique dans l'agriculture. Selon elles, cette dernière pourrait profiter de certaines plantes génétiquement modifiées (PGM). Les parlementaires restent opposés aux OGM

Le Programme national de recherche "Utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées" (PNR 59), qui s'est achevé l'été dernier, arrivait à la conclusion que les PGM ne présentent pas de risques supplémentaires pour l'être humain, les animaux et l'environnement. Or depuis lors, le Parlement a prolongé le moratoire jusqu'en 2017, tandis que le Conseil fédéral a lancé une consultation sur un régime de coexistence des deux modes de culture.
 
"Le débat est gelé, les positions cimentées, il y a peu de dialogue", a dit devant les médias Patrick Matthias, président du Forum recherche génétique de l'Académie suisse des sciences naturelles. "Un grand travail de fond a été fait, avec pas forcément les conclusions que l'on attendait": or ces dernières "ne sont pas reprises largement", ce qui suscite un sentiment de "déception" chez les scientifiques du PNR 59, a-t-il ajouté.
 
"La méthode scientifique, qui est la base de l'évaluation des technologies dans nos sociétés modernes, n'a pas été prise en compte", a encore déploré le Pr Matthias. Ainsi, opposer la "qualité" dans l'agriculture aux PGM "n'est pas fondé scientifiquement", a jugé son collègue Ueli Grossniklaus, de l'Université de Zurich, également membre du Forum recherche génétique.
 
Ne pas y renoncer "à la légère"
 
"Le moratoire n'est pas une bonne solution", a estimé Patrick Matthias, car il a un effet de signal "très négatif" de dangerosité liée à une technologie. Les Académies ont donc décidé d'intervenir dans le débat politique pour signaler que certaines plantes génétiquement modifiées pourraient contribuer en Suisse aussi à une agriculture "respectueuse de l'environnement et très productive".
 
Les scientifiques évoquent de nouvelles variétés de PGM nécessitant moins de traitements chimiques contre des agents pathogènes. La Suisse ne devrait pas, "à la légère", dénier au génie génétique le potentiel de contribuer à une agriculture durable et à la sécurité alimentaire, écrivent les Académies dans un rapport intitulé "Les cultures génétiquement modifiées et leur importance pour l'agriculture durable en Suisse".
 
Une trentaine d'experts y ont apporté leur concours. Ils évoquent par exemple du potentiel dans les pommes de terre, les pommiers et les betteraves à sucre. Plusieurs variétés de patates ont été rendues résistantes au mildiou au moyen de gènes de pommes de terre sauvages. Aujourd'hui, la protection contre cette maladie nécessite l'application de produits phytosanitaires, ou de cuivre en agriculture biologique.
 
Betteraves à sucre
 
Les pommiers doivent être protégés contre le feu bactérien au moyen d'antibiotiques. Des variétés génétiquement modifiées pouvant résister au feu bactérien et à la tavelure sont en développement, aussi en Suisse. De même, des betteraves à sucre génétiquement modifiées, déjà cultivées aux Etats-Unis, permettent de combattre les mauvaises herbes de façon plus écologique.
 
Si elles étaient admises en Suisse, ces betteraves procureraient en outre aux paysans un bénéfice jusqu'à 40% supérieur, ont calculé des chercheurs d'Agroscope. Au final, selon le Pr Grossniklaus, la technologie PGM "a sa place" dans le paysage et les objectifs agricoles suisses.
 
Et de militer pour une régulation basée sur les plantes et leurs propriétés plutôt que sur le procédé d'obtention. Les Académies préconisent enfin un encouragement substantiel de la recherche agronomique publique. Cela réduirait la dépendance à l'égard des quelques grandes entreprises du domaine, dont la concentration est observée avec "scepticisme", a conclu le Pr Grossniklaus.
 
Les Académies des sciences regroupent les quatre académies suisses, soit les sciences naturelles (SCNAT), les sciences humaines et sociales (ASSH), les sciences médicales (ASSM) et les sciences techniques (SATW). 
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