Les paysans suisses en ont gros sur la patate

Lors de l'assemblée des délégués de l'Union suisse des paysans ce jeudi, le président Markus Ritter a accusé le Conseil fédéral et son ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann de ne pas avoir tenu parole.

19 nov. 2015, 11:59
/ Màj. le 19 nov. 2015 à 12:02
Le Conseil fédéral en a pris pour son grade ce jeudi.

Le Conseil fédéral et son ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann en ont pris pour leur grade jeudi lors de l'assemblée des délégués de l'Union suisse des paysans. Ils n'ont pas tenu parole, a accusé le président de l'USP Markus Ritter.

Depuis l'introduction de la dernière réforme, les paysans ont mis en route les nouveaux programmes et ont aussi assumé le travail et les frais supplémentaires. "Nous avons ainsi rempli notre part du contrat. Il est donc inadmissible que, de son côté, le Conseil fédéral ne tienne pas sa parole. Trop c'est trop, a lancé le conseiller national (PDC/SG).

Car, depuis l'introduction de cette énième réforme, le Conseil fédéral a réduit les dépenses en faveur de l'agriculture dans le budget 2016 et compte en faire de même en 2017. L'agriculture est le seul secteur des finances fédérales touché par des réductions réelles, tous les autres ne voyant que leur croissance réduite, a condamné M. Ritter.

Coup de massue

Le vrai coup de massue vient cependant de tomber début novembre avec l'annonce d'une réduction de 800 millions des paiements en faveur de l'agriculture pour la période 2018-2021. Le Conseil fédéral veut réduire la rétribution des prestations commandées dans le cadre de la Politique agricole 2014-17.

Une telle proposition "fait affront aux familles paysannes, qui ont déjà des journées de travail lourdes et qui ont beaucoup donné de leur personne avec des réformes tous les quatre ans", accuse le président de l'USP. Car les seuls gains de productivité, par lesquels le Conseil fédéral croit qu'on pourra compenser les coupes, on ne les atteindra qu'en devant travailler encore davantage, souligne-t-il.

"Je ne demande pas la charité. Pas du tout. J'attends seulement de Johann Schneider-Ammann qu'il se comporte en homme de parole et qu'il tienne ses promesses", a déclaré Markus Ritter, selon la version écrite de son discours.