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Multitude d'acteurs dans la campagne sur la question jurassienne

A l'approche de la votation sur la Question jurassienne, les prises de position en faveur du "oui" comme du "non" se multiplient. Aux mouvements historiques de lutte sont venus se joindre des comités de campagne créés pour participer au débat lié au scrutin du 24 novembre.

02 oct. 2013, 10:48
L'ancien conseiller national Jean-Pierre Graber a créé le comité "Notre Jura bernois" qui défend le non à la votation du 24 novembre.

Avec l'annonce du vote sur l'avenir institutionnel du Jura bernois et du Jura, la région a assisté à l'émergence de plusieurs comités de campagne. Si certains sont animés par des personnes qui n'ont pas participé aux plébiscites des années 70 et qui s'emploient à sortir des anciens schémas, d'autres au contraire ont permis à des figures historiques de la Question jurassienne de faire leur retour sur la scène publique.

La campagne en faveur du "non" est menée par le comité "Notre Jura bernois", coprésidé par l'ancien conseiller national UDC Jean-Pierre Graber et par la jeune maire de Perrefitte (BE) Virginie Heyer. Ce comité, qui se veut rassembleur, compte dans ses rangs des membres de différents partis et des différentes régions du Jura bernois.

Retour des ténors

Les autres organisations qui militent pour le maintien du Jura bernois dans le canton de Berne sont plus discrètes sur la scène publique. Parmi elles, "La Caravane du Jura bernois", mouvement qui entend tout mettre en oeuvre pour rester dans le canton de Berne, et "Les 65+", une association pour les aînés antiséparatistes.

Ces deux comités ont été créés par des figures historiques de la lutte antiséparatiste: Guillaume-Albert Houriet, 53 ans, tribun pro-bernois et ancien chef du groupe Sanglier, et Geneviève Aubry, 85 ans, ancienne conseillère nationale radicale et égérie des milieux antiséparatistes.

Nourrir le débat

Dans le camp des partisans du "oui", le comité interjurassien "Construire ensemble" s'est imposé comme porte-drapeau. Ce mouvement, qui réunit tous les partis du canton du Jura et des partis du Jura bernois favorables à la création d'une nouvelle entité, est présidé par le maire de Delémont Pierre Kohler et le maire de Saint-Imier (BE) Stéphane Boillat. Pour "Construire ensemble", les années de braise appartiennent à l'histoire. Il s'agit de débattre en confrontant des idées.

Le débat assez classique a été bousculé par un groupe d'étudiants à l'origine du Mouvement universitaire jurassien (MUJ). Cette association, qui utilise les réseaux sociaux comme vecteurs de ses idées, est animée par des universitaires du Jura et du Jura bernois qui se veulent en rupture avec la propagande des mouvements de lutte. Elle s'adresse aux jeunes en prônant une autre manière d'entrer dans la Question jurassienne en favorisant le débat d'idées.

Autre acteur, "Un Jura nouveau". Ce comité a été mis sur pied à l'instigation du Mouvement autonomiste jurassien (MAJ) et de son secrétaire général Pierre-André Comte, maire de Vellerat (JU). Sur son site, il affirme placer les intérêts supérieurs de la région au-dessus de toute préoccupation partisane.

Récolte de fonds

Ces mouvements sont tributaires des dons des membres ou des sympathisants pour financer leurs activités, les cantons de Berne et du Jura ayant refusé d'engager l'argent du contribuable pour les soutenir. Le résultat de la votation serait juridiquement attaquable s'il s'avérait que des fonds publics étaient directement engagés. Les actions de propagande se résument en règle générale à des communiqués, à des lettres de lecteurs et à la gestion de sites internet.

Certains mouvements cherchent des idées originales pour remplir les caisses. "Un Jura nouveau" s'est par exemple lancé dans une vente aux enchères d'oeuvres d'art offertes par des collectionneurs et des artistes. "Construire ensemble" a mis sur pied une soirée de gala et l'association antiséparatiste "65+" a organisé une "vente bazar."

Mouvements historiques
Historiquement, les deux camps comptent chacun des mouvements de lutte. Côté séparatiste, le Mouvement autonomiste jurassien (MAJ) milite pour l'indépendance du Jura sur tout le territoire historique, de Boncourt (JU) à La Neuveville (BE). Le MAJ est né de la fusion du Rassemblement jurassien (RJ), qui avait pour secrétaire général Roland Béguelin, et d'Unité jurassienne.

Côté antiséparatiste, Force démocratique (FD) défend la place du Jura bernois au sein du canton de Berne. Le mouvement pro-bernois a pour président d'honneur l'ancien conseiller national Marc-André Houmard, 85 ans, figure historique de la lutte antiséparatiste.

L'un comme l'autre comptent dans leurs rangs une majorité de militants qui ont vécu  les plébiscites des années 70 avec son climat haineux. C'est une des raisons pour lesquelles ces deux mouvements peinent à s'éloigner d'une rhétorique et de réflexes symptomatiques de ces années de braise.

Le MAJ et FD sont appuyés chacun par un mouvement de lutte représentant la jeunesse: le groupe séparatiste Bélier et le groupe antiséparatiste Sanglier. A l'approche du scrutin de novembre, ces deux organisations de jeunesse se manifestent à nouveau davantage au travers d'actions et de lancement d'affiches.

Partis politiques en retrait

A l'exception de l'UDC du Jura bernois, qui se profile comme le parti du "non" et qui a diffusé une affiche controversée, les principaux partis politiques du canton du Jura et du canton de Berne sont en retrait dans cette campagne. Les partis cantonaux jurassiens sont représentés au sein de "Construire ensemble" mais n'ont pas constitué de comité. Une configuration qui était déjà celle des plébiscites il y a 40 ans. 

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