Pays-Bas: des recruteurs de djihadistes condamnés à la prison

Six hommes, accusés de recruter des jeunes djihadistes, ont été condamnés à la prison aux Pays-bas.

10 déc. 2015, 18:43
Les accusés ont fait partie d'une organisation qui recrutait des jeunes pour les rangs des combattants djihadistes en Syrie.

Un tribunal néerlandais a condamné jeudi six hommes à des peines allant jusqu'à six ans de prison. Les accusés ont fait partie d'une organisation qui recrutait des jeunes pour les rangs des combattants djihadistes en Syrie.

Deux autres accusés, qui ne faisaient pas partie de l'organisation, ont été condamnés à des peines moins importantes, entre trois et cinq ans de prison. En outre, une femme a été condamnée à sept jours de prison pour avoir publié des messages sur les réseaux sociaux appelant les jeunes à se rendre en Syrie.

Le groupe opérait surtout sur les réseaux sociaux pour trouver des volontaires, ont assuré les juges. Une page Facebook contenait à elle seule 97 messages qui constituaient des "incitations à rejoindre la lutte armée".

Recruter des "frères"

"L'organisation criminelle avait pour but d'encourager et de recruter des 'frères' pour voyager en Syrie", a affirmé le juge Rene Elkerbout. Ce dernier a souligné que le groupe aidait financièrement les candidats djihadistes.

Le tribunal de La Haye a été déplacé dans un bâtiment sous haute sécurité dans la banlieue d'Amsterdam pour la lecture du résumé du jugement de 190 pages, qui a duré plus de trois heures. Les suspects avaient été arrêtés en 2014 après une enquête sur les activités djihadistes au sein d'un quartier de La Haye.

"Liberté de religion"

Le procureur avait demandé des peines allant jusqu'à sept ans de prison. Les suspects avaient clamé leur innocence, arguant que la liberté de religion et d'expression leur permettait de tenir un message en faveur du groupe Etat islamique (EI).

Au moins 220 personnes ont quitté les Pays-Bas pour rejoindre la Syrie et l'Irak, selon les derniers chiffres des services néerlandais de lutte contre le terrorisme. Environ 40 personnes sont depuis revenues au pays, mais 42 autres sont décédées, tous des hommes.