PDC: les requérants devraient travailler mais reverser leur salaire

Une proposition émanant du PDC souhaite diminuer l'attractivité de la Suisse pour les migrants. Les requérants d'asile devraient, entre autre, travailler pour participer aux dépenses de l'asile, et ne recevrait l'aide sociale que sous forme de coupons.
25 août 2015, 16:15
Dans le canton de Genève, c'est l'Hospice général qui s'occupe des requérants d'asile. (Photo d'illustration)

Les requérants d'asile installés provisoirement dans des centres cantonaux devraient travailler. Mais ils reverseraient une partie de leur salaire dans un fonds destiné à financer les dépenses de l'asile, proposent des parlementaires PDC.

Les migrants au bénéfice de qualifications professionnelles s'intégreraient dans le marché du travail, tandis que ceux sans formation devraient en accomplir une. Les demandeurs d'asile logés dans des centres fédéraux continueraient eux d'être soumis à une interdiction d'activité rémunérée, précisent les députés et sénateurs dans un papier de position publié dimanche.

Le PDC entend de la sorte diminuer l'attractivité de la Suisse pour les migrants mus par des motifs économiques. Les requérants qui fuient des guerres ou des persécutions bénéficieraient pour leur part d'une rampe de lancement dans le marché du travail helvétique, en prévision d'un possible succès de leur démarche, a précisé le conseiller aux Etats Urs Schwaller (FR).

Assistance juridique gratuite

Dans un autre point du document, les parlementaires soutiennent l'assistance juridique gratuite pour tous les requérants d'asile. Les "cas Dublin" pourraient toutefois en être exclus.

Le conseil juridique garantit que les procédures se déroulent conformément à l'Etat de droit, soulignent les élus, tous membres des commissions des institutions politiques des deux Chambres. Le PDC adopte ici une position contraire à celle de l'UDC, dont le président Toni Brunner a à nouveau brandi la menace d'un référendum si cette prestation était maintenue dans la réforme de l'asile.

Si ce projet approuvé par le Conseil des Etats en juin permet d'accélérer les procédures, il peut encore être amélioré, estiment les démocrates-chrétiens. Les conseillers nationaux Gerhard Pfister (ZG), Ruth Humbel (AG) et Marco Romano (TI), ainsi que les sénateurs Paul Niederberger (NW) et Urs Schwaller (FR), émettent d'autres propositions.

Plus d'argent, mais des bons

Les requérants d'asile ne devraient plus recevoir l'aide sociale en espèces, mais sous forme de bons et de prestations. Ils n'auraient ainsi plus la possibilité d'envoyer de l'argent dans leurs pays d'origine.

Les cantons frontaliers, avant tout le Tessin, doivent être soulagés, notamment en renforçant le contrôle des personnes. L'armée pourrait éventuellement soutenir les autorités civiles.

Le Conseil fédéral devrait enfin faire pression avec d'autres Etats sur l'Erythrée, dont les ressortissants sont en tête de liste des demandes d'asile, pour que les conditions s'améliorent dans le pays et que les renvois deviennent possibles. Le droit interdit de refouler des individus vers des pays où ils sont fortement menacés.