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Pourquoi le Valais s'unit contre la LAT?

Le Valais, à l'inverse du reste de la Suisse, est presque unanimement uni contre la révision de la loi de l'aménagement du territoire soumise au peuple le 3 mars prochain. Alors en quoi la situation est-elle si différente du reste de la Suisse? Explications.

27 janv. 2013, 08:23
La LAT touchera fortement les zones de montagne. (Ici à Verbier)

Le Valais fait front de manière quasi unanime contre la révision de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT) mise en votation le 3 mars prochain. La levée de boucliers est générale, indépendamment des conditions sociales, régions ou partis politiques.

La seule note discordante du concert vient des Verts valaisans qui n'ont pas hésité à suivre leur parti national et à se poser en défenseurs de la LAT. Au risque de se faire traiter de traîtres si la campagne prend un tour plus émotionnel comme ce fut le cas de celle autour de l'initiative Weber.

Le monde politique et économique évoque diverses raisons pour s'opposer à la LAT. Attaque contre la propriété, ingérence intolérable, contraire au fédéralisme, "diktat" de Berne, aucun mot n'est assez fort pour exprimer un "non" catégorique.

Canton de propriétaires

Le rejet est à l'image de la structure sociale. En Valais, 61,4% des ménages sont propriétaires de leur logement. Et ils seraient plus de 80% à être propriétaires d'un bien foncier, selon les estimations.

L'élément le plus souvent mis en avant est celui de la limitation à quinze ans de la réserve de terrains à bâtir. Or, même si cette disposition existe déjà dans l'actuelle loi sur l'aménagement du territoire, elle n'a jamais été appliquée strictement en Valais.

Les zones à bâtir existantes suffisent à couvrir les besoins pour une période trois à quatre fois supérieure à quinze ans. Ramener l'ensemble à quinze ans oblige à "dézoner" une grande partie de ces terres, ce qui implique une perte de valeur financière en cas de vente.

Un bien à défendre

Mais en Valais, la terre est une réelle valeur et il est assez normal que les Valaisans refusent que leurs biens perdent de la valeur, estime le sociologue Gabriel Bender. Selon lui, les Valaisans sont des Confédérés comme les autres, sauf qu'ils ont d'autres valeurs dans leur portefeuille.

Président de Zermatt, Christoph Bürgin partage cette opinion: "Il est un fait que la LAT nous touche dans notre chair, il s'agit de propriété". Et M. Bürgin de confirmer que les régions de montagne ont peu de terres et qu'elles doivent pouvoir les aménager selon leurs besoins.

La commune du pied du Cervin a du terrain à bâtir en suffisance avec une réserve de 40 hectares. Ces terres se situent en périphérie du village et il n'y pas de volonté de les occuper rapidement, précise M. Bürgin.

Que les Valaisans se sentent incompris du reste de la Suisse n'a rien que de très normal dans la situation actuelle, selon Christoph Bürgin. Chacun se sent incompris lorsqu'il est minorisé, quel que soit l'endroit où il habite.

Opposition nuancée

Si l'opposition politique est large, elle reste nuancée. La droite met en avant l'atteinte à la propriété, la spoliation d'une grande partie de la population. La gauche y voit la conséquence des erreurs politiques de la droite cantonale dont le citoyen n'a pas à payer la facture.

Les conséquences économiques devraient se limiter pour l'essentiel au patrimoine privé. La banque cantonale du Valais, qui réalise une part importante de ses affaires dans le domaine hypothécaire, n'y voit pas de grands risques de perte.

"Le total des engagement sur des terrains à bâtir représente une part très marginale du total des avances à la clientèle", précise la BCVs. Les financements ont été octroyés dans une optique de construction et une bonne partie des propriétaires de terrains gagés est déjà au bénéfice d'un permis de construire.

Reste que la LAT ne constitue pas le sujet de discussion phare au café du commerce, peut-être en raison de l'unanimité que l'objet suscite. Le monde politique valaisan attend un taux de rejet massif le 3 mars.

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