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Retour progressif au calme au Caire

Les manifestants ont déserté le palais présidentiel au Caire après l'encerclement du lieu par l'armée. Les opposants au président Morsi promettent cependant de ne pas cesser leur mouvement.

06 déc. 2012, 18:59
L'armée a dispersé les manifestants.

L'armée s'est déployée jeudi autour du palais présidentiel au Caire et a exigé le départ des partisans et des adversaires du président égyptien Mohamed Morsi, après des affrontements qui ont fait sept morts. M. Morsi, dont le renforcement des pouvoirs a plongé le pays dans la crise, devait s'exprimer lors d'une intervention télévisée.

Les supporteurs du chef de l'Etat, à qui l'opposition reproche de vouloir s'octroyer des pouvoirs exorbitants, ont commencé à évacuer les lieux avant même l'ultimatum de la Garde républicaine, fixé à 15h00 locales. Quelques dizaines d'opposants sont eux restés sur place.

"Malgré la décision de la Garde républicaine, nous prévoyons d'autres défilés, qui partiront probablement de la place Tahrir. Nous avons eu beaucoup de blessés hier (mercredi) soir, et nous ne voulons pas que leur sang ait coulé pour rien", a dit un responsable du Front de salut national, qui regroupe les différentes forces d'opposition.

Les heurts entre partisans et adversaires du président ont duré toute la nuit et sept manifestants, selon un nouveau bilan de sources médicales, ont été tués et des centaines blessés. Les autorités ont fait état de 644 blessés et de 50 arrestations. Il s'agit des pires violences depuis l'élection en juin du premier président islamiste d'Egypte.

Armée sur place

Au moins cinq chars et neuf véhicules blindés de transport de troupes, ainsi que des éléments de la Garde républicaine, ont pris position aux abords du palais d'Héliopolis pour "séparer sans violence les protagonistes", a dit le chef de la Garde nationale, le général Mohamed Zaki.

"Les forces armées, au premier rang desquelles la Garde républicaine, ne seront pas un instrument de répression des manifestants", a-t-il précisé.

L'armée, qui a joué un rôle décisif dans la chute du régime Moubarak en février 2011, s'est tenue à l'écart des joutes politiques depuis l'accession à la présidence cet été de Mohamed Morsi, qui est issu des Frères musulmans, et la mise à l'écart du maréchal Hussein Tantaoui, qui dirigeait le Conseil suprême des forces armées (CSFA).

Les officiers sur place ont exhorté les deux camps à mettre fin à leur confrontation. En fin de matinée, on n'assistait plus qu'à des échanges d'injures.

Morsi à la télévision

Le chef de l'Etat, silencieux depuis plusieurs jours, devait s'adresser à la nation dans la journée. Une source présidentielle indiquait toutefois en soirée que l'intervention pourrait être repoussée d'un jour.

Dans un communiqué, Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, la première force politique en Egypte, a appelé à l'union, estimant que les divisions "ne servent que les ennemis de la nation."

Les troubles s'étendent

Les heurts se sont entre-temps étendus à d'autres villes, notamment Ismaïlia et Suez, où les locaux du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique des Frères musulmans, ont été incendiés.

La présidence a en outre été éprouvée par les démissions de sept conseillers de Mohamed Morsi depuis le début des troubles, il y a deux semaines. Le dernier en date, Rafik Habib, un Copte, a démissionné jeudi sans donner les raisons de sa décision.

Face à cette situation, la bourse du Caire a accusé le coup, son indice de référence EGX-30 perdant 4,6% à la clôture.

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