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Syrie: les experts en armes chimiques de l'ONU de retour sur le terrain

Des experts de l'ONU sont retournés mercredi en Syrie pour enquêter sur de nombreuses attaques présumées aux armes chimiques dans le conflit. Ceci au moment où Occidentaux et Russes négocient une résolution sur le désarmement chimique syrien.

25 sept. 2013, 19:29
Les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU examinent un projet de résolution britannique qui justifierait une intervention militaire contre le régime de Bachar al-Assad.

Sur le terrain, la rébellion qui combat le régime de Bachar al-Assad depuis plus de deux ans s'est fracturée encore davantage, les principaux groupes islamistes rompant avec l'opposition politique et annonçant une nouvelle alliance avec un groupe lié à Al-Qaïda. Cette décision va mettre dans l'embarras les Occidentaux qui soutiennent l'opposition politique et armée, désormais affaiblie et désunie face au régime de Bachar al-Assad.

Dirigée par Aake Sellström, l'équipe d'experts est arrivée à Damas dans un convoi de trois véhicules de l'ONU. Elle doit vérifier "13 ou 14" allégations des deux camps sur un recours à l'arme chimique dans les combats à travers le pays. Sellström avait indiqué récemment que son équipe espérait pouvoir présenter un rapport final sur les accusations "peut-être à la fin octobre".

Rapport contesté

En août, ils avaient enquêté sur une attaque à l'arme chimique le 21 août près de Damas, qui avait fait près de 1500 morts selon Washington. Dans leur rapport le 16 septembre, ils avaient conclu à l'utilisation de gaz sarin à une large échelle dans cette attaque sans pointer du doigt les responsables.

Mais pour Washington, Paris et Londres, ce rapport ne laissait "aucun doute" quant à la "responsabilité extrêmement claire" du régime syrien.

La Russie, fidèle alliée de Damas, a en revanche dénoncé ce rapport et réclamé le retour de la mission en Syrie pour enquêter sur d'autres attaques présumées dont elle accuse les rebelles.

Inventaire rendu dans les temps

L'attaque du 21 août avait conduit Washington à menacer Damas de frappes militaires, une action finalement repoussée sine die après l'engagement du régime syrien à démanteler d'ici la mi-2014 de son arsenal chimique aux termes d'un accord conclu le 14 septembre entre Moscou et Washington.

Le régime a rendu dans les temps l'inventaire de son arsenal chimique à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), mais les tractations se poursuivent en vue d'une résolution à l'ONU sur l'application de l'accord du 14 septembre qui prévoit le début du travail des experts de l'OIAC en novembre et la destruction de l'arsenal d'ici la mi-2014.

Résolution en discussion

Mardi devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président américain Barack Obama a réclamé une résolution "ferme" du Conseil de sécurité assortie de "conséquences" pour le régime de Bachar al-Assad s'il ne tenait pas sa promesse de détruire ses armes chimiques.

Son homologue français François Hollande a exhorté le Conseil de sécurité à adopter une résolution prévoyant "des mesures coercitives, c'est-à-dire sous chapitre VII, qui ouvriraient la voie à une éventuelle action armée contre le régime en cas de manquement à ses obligations".

Mais Moscou, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, a réaffirmé qu'il n'était "pas question" d'adopter une telle résolution, "ni d'application automatique de sanctions ou encore moins de recours à la force".

Pour autant, Riabkov a accepté juste une "mention" du chapitre VII écartant ainsi toute réaction automatique mais permettant une esquisse de compromis.

Rupture des groupes rebelles

Dans l'autre camp, une délégation de la coalition nationale syrienne (CNS, opposition), principal interlocuteur de l'Occident, a regretté la suspension des frappes américaines et plaidé pour un soutien renforcé des Etats-Unis à son combat, lors d'une rencontre avec le secrétaire d'Etat John Kerry.

L'annonce mardi par 13 importants groupes rebelles islamistes qu'ils rompaient avec la CNS en exil, a porté un nouveau coup à celle-ci.

Dans un communiqué, les signataires affirment que la Coalition "ne nous représente pas et nous ne la reconnaissons pas", appelant "tous les groupes civils et militaires à s'unir sous la bannière de la charia (loi islamique)".

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