Syrie: Plus de 60 civils tués à Alep et dans la province d'Idleb

Des bombardements sur Alep et dans le nord-ouest de la Syrie ont tué plus de 60 civils vendredi. Et ce malgré la trêve décrétée par le régime à l'occasion de la fête musulmane du Fitr. Le cessez-le-feu est prolongé 72 heures à compter du 9 juillet à 01 heure.
09 juil. 2016, 09:50
Forces pro-gouvernementales et rebelles s'affrontaient vendredi à Alep et à Idleb.

Plus de 60 civils ont été tués vendredi par des bombardements dans la ville d'Alep, dans le nord de la Syrie, et dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest, a annoncé une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Divisée, la métropole d'Alep est un enjeu principal du conflit en Syrie.

Cette escalade des violences est intervenue quelques heures avant l'expiration à minuit (23 heures en Suisse) d'une trêve de 72 heures décrétée par le régime à l'occasion de la fête musulmane du Fitr. Trêve dont sont exclus les groupes djihadistes.

Cessez-le-feu prolongé

L'armée syrienne a finalement annoncé samedi à la mi-journée qu'elle prolongeait de 72 heures le cessez-le-feu national décrété pour la fin du ramadan. "Le régime de calme sera prolongé pour une période de 72 heures à compter du 9 juillet à 01 heure", dit le haut commandement dans un communiqué.

Au moins 34 civils ont été tués et 200 blessés par des tirs des rebelles sur des quartiers d'Alep contrôlés par le régime de Damas, a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. L'agence de presse officielle syrienne Sana a pour sa part fait état de 23 morts et 140 blessés "dans des tirs de roquettes de groupes terroristes ayant violé la trêve".

Toujours à Alep, six civils dont trois enfants ont péri dans des raids de l'armée de l'air syrienne sur un quartier contrôlé par les insurgés et sur la route du Castello, selon l'OSDH. "Ces bombardements violents des rebelles sont une réponse à l'avancée des forces du régime vers la route du Castello", a déclaré M. Abdel Rahmane.

Divisée depuis juillet 2012 entre secteurs prorégime (ouest) et secteurs rebelles (est), la métropole d'Alep est un enjeu principal du conflit en Syrie.

Route coupée

L'armée syrienne coupait toujours vendredi la dernière route d'approvisionnement des quartiers rebelles d'Alep, selon l'OSDH. A l'issue de violents combats, les forces du régime avaient réussi jeudi à s'emparer d'une position rebelle à un kilomètre de la route du Castello, désormais à portée de leurs tirs.

L'armée syrienne et ses alliés peuvent maintenant surveiller et tirer sur toute personne ou tout véhicule empruntant cette route, d'après la même source. Les quelque 200'000 habitants des quartiers rebelles d'Alep se retrouvent désormais complètement assiégés.

Paris a "condamné l'offensive menée par le régime syrien et ses soutiens afin d'encercler la partie d'Alep tenue par l'opposition". Et d'évoquer "une dangereuse fuite en avant militaire".

"La France appelle solennellement au respect de la cessation des hostilités et à l'arrêt immédiat des bombardements contre les civils, à un accès humanitaire libre et sans entrave, et à une solution politique durable pour mettre fin au conflit" en Syrie, a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

Frappes à Idleb

Les violences ont également touché vendredi la province d'Idleb où "au moins 22 civils ont été tués et des dizaines blessés dans des raids aériens sur Darkouche, une localité d'Idleb" tenue par les jihadistes d'Al-Qaïda, selon M. Abdel Rahmane.

L'OSDH n'était pas en mesure de préciser s'il s'agissait de bombardements de l'armée de l'air syrienne ou de l'aviation russe.

Frontalière de la Turquie, la province d'Idleb échappe depuis un peu plus d'une année au contrôle des forces du régime de Bachar al-Assad. Cette région est la cible de raids aériens presque quotidiens de l'aviation syrienne ou de celle de son allié russe.

Elle est contrôlée par "l'Armée de la conquête", une coalition composée principalement du Front al-Nosra et d'autres groupes djihadistes et rebelles islamistes.