Tentative de meurtre: le Tribunal cantonal fribourgeois trop clément, selon le TF

Le Tribunal fédéral a estimé que la justice fribourgeoise avait été trop clémente dans le jugement d'une affaire de tentative de meurtre. La peine de quatre ans et demi devra être revue à la hausse.
25 août 2015, 16:15
L'agresseur était armé d'un couteau.

Le Tribunal cantonal fribourgeois devra revoir à la hausse la peine de quatre ans et demi infligée à un Suisse aujourd'hui âgé de 46 ans. Ce dernier avait été condamné dans un premier temps à six ans de prison pour pour tentative de meurtre.

Lui et un ressortissant étranger alors âgé de 36 ans se sont disputés à cause d'un tabouret sur la terrasse d'un café, en août 2012 à Fribourg. L'accusé a soudain tourné les talons avant de revenir une demi-heure plus tard.

Il attache son chien sur la terrasse, dépose son sac dont il sort une baïonnette de 50 centimètres de long qu'il va planter dans le flanc de son contradicteur. La lame a pénétré sur une vingtaine de centimètres, blessant gravement la victime. Quant à l'agresseur, il est allé s'asseoir un peu plus loin.

Le Tribunal cantonal a estimé que le crime, s'il avait été achevé, aurait mérité une sanction de neuf ans de privation de liberté. Comme l'infraction n'en est restée qu'au stade de la tentative, il a jugé que cette peine divisée par deux, soit quatre ans et demi, était appropriée.

Particulièrement choquante

Le Ministère public fribourgeois, qui a recouru au Tribunal fédéral, considère comme particulièrement choquante une réduction de peine aussi massive. Les conditions permettant une réduction de peine ne sont de loin pas réunies, estime en effet le TF qui admet partiellement le recours.

Ce n'est que par chance et pas parce que l'agresseur aurait interrompu son geste à temps, que la victime, dont des organes vitaux ont été touchés, n'est pas décédée, relève le TF. De plus, l'accusé a certes manifesté des regrets, mais ceux-ci semblaient davantage porter sur les effets de son acte sur son propre sort que sur celui de sa victime, écrit le Tribunal fédéral dans son arrêt rendu public lundi.

Un minimum

Son attitude au cours de la procédure dénote une faible prise de conscience de son acte, ajoute Mon Repos. Aucun autre élément ne justifie, selon la haute cour une telle réduction de peine. Celle-ci ne devrait donc être que minime et non de moitié.

Les neuf ans évoqués par les juges fribourgeois auraient même pu être augmentés. Pour le TF en effet, la demi-heure qui s'est écoulée entre l'altercation et le coup de baïonnette tendrait même à la préméditation, une circonstance clairement aggravante.