Tunisie: attentat du Bardo, plusieurs suspects relâchés

La justice tunisienne a relâché, jeudi, neuf personnes arrêtées après l'attentat du musée du Bardo. Parmi elles, un homme présenté à l'époque comme le chef de la cellule à la base de l'attaque.
25 août 2015, 16:16
Une victime est évacuée du musée Bardo à Tunis.

La justice tunisienne a relâché neuf personnes arrêtées après l'attentat du musée du Bardo en mars, a déclaré jeudi le ministre de la Justice. Parmi elles figure un homme présenté à l'époque comme le chef de la cellule responsable de l'attaque, Mohamed Emine Guebli.

"Huit personnes ont été libérées hier (mercredi) et une autre aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Mohamed Salah Ben Aissa. Un responsable pénitentiaire a confirmé la libération des détenus.

M. Ben Aissa n'était pas en mesure de fournir les raisons pour lesquelles les suspects ont été relâchés. "La décision de les libérer revient au juge d'instruction chargé de ce dossier", a-t-il indiqué, sans pouvoir préciser combien de suspects restaient détenus.

Vingt-deux personnes, dont 21 touristes étrangers, ont été tuées le 18 mars dans cet attentat mené par deux jeunes Tunisiens et revendiqué par l'Etat islamique (EI).

Deux cellules démantelées

Dans la foulée de l'attentat, le ministère de l'Intérieur avait annoncé l'arrestation de 23 personnes, assurant avoir démantelé "80% de la cellule" impliquée dans l'attaque. Il avait ensuite affirmé en avril avoir démantelé "deux cellules terroristes" liées aux suspects du Bardo, portant le nombre total de suspects incarcérés à 46.

La Tunisie fait face depuis la révolution de 2011 à une progression de la mouvance djihadiste responsable de la mort de dizaines de soldats et de policiers, et de 59 touristes. Le pire attentat djihadiste de l'histoire de la Tunisie a eu lieu le 26 juin dans un hôtel près de Sousse (centre-est), où 38 touristes ont été tués.

Le ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli a indiqué lors d'une conférence de presse mercredi que plus de 1200 personnes étaient incarcérées dans l'attente d'un procès pour leur implication présumée dans des "actes terroristes".