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Turquie: un ex-chef de l'armée sommé d'expliquer le putch de 1997

Une nouvelle procédure contre un ancien commandant en chef de l'armée turque est ouverte. Ce dernier doit s'expliquer sur un putsch militaire en 1997.

03 janv. 2013, 14:08
Ismail Hakki Karadayi, ex-commandant en chef de l'armée turque, est sommé de s'expliquer sur le putsch militaire de 1997.

Un ancien commandant en chef de l'armée turque a été sommé jeudi de s'expliquer devant la justice pour son rôle présumé dans un coup de force militaire en 1997. Cette procédure constitue un nouvel épisode de la lutte engagée par le régime islamo-conservateur pour écarter les généraux de la sphère politique.

Dans un premier temps, les médias turcs ont annoncé l'arrestation du général Ismail Hakki Karadayi, 81 ans, à son domicile d'Istanbul. Mais son avocat, Erol Yilmaz Aras, a précisé qu'il n'avait pas été formellement interpellé mais plutôt appelé à déposer, en tant que suspect, devant des procureurs d'Ankara.

Aujourd'hui à la retraite, l'officier, qui a dirigé l'armée turque de 1994 à 1998, est poursuivi pour son implication présumé dans le putsch qui a renversé le premier chef de gouvernement islamiste en Turquie, Necmettin Erbakan.

Enquête à boucler

Son audition doit permettre aux procureurs de boucler leur enquête sur les conditions du dernier putsch militaire en date de l'histoire de la Turquie moderne et de mettre la dernière touche à l'arrêt qui doit renvoyer devant un tribunal de nombreux officiers de l'époque, a précisé l'agence de presse Anatolie.

L'ancien numéro deux de l'état-major en 1997, le général Cevik Bir, considéré comme "le cerveau" de ce putsch, avait été arrêté et écroué avec près d'une vingtaine d'autres officiers en avril 2012. Tous sont poursuivis de "tentative de renversement du gouvernement ou d'empêcher partiellement ou totalement son action".

Ces militaires sont détenus à la prison de Sincan, dans la périphérie d'Ankara, où l'armée avait ordonné en février 1997 à un escadron de blindés de défiler dans les rues. La municipalité islamiste venait d'organiser une réunion publique sur "la libération de Jérusalem" en faisant l'éloge du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais.

Coup d'Etat sans violence

Cette démonstration de force, assortie d'un ultimatum, avait suffi à pousser le gouvernement de coalition à la démission. Les événements de 1997 sont souvent qualifiés en Turquie de "coup d'Etat postmoderne" car les généraux ont réussi à faire tomber le pouvoir sans violence ni effusion de sang et n'ont pas remplacé l'administration civile par un régime militaire.

L'armée turque, qui se considère comme la garante des principes de la République, à commencer par celui de la laïcité, a renversé trois gouvernements civils en 1960, 1971 et 1980.

Lutte de pouvoir

Depuis la victoire de son Parti de la justice et du développement (AKP) en 2002, le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan s'est efforcé de réduire l'influence des militaires sur la vie politique. Des dizaines d'officiers d'active et à la retraite sont actuellement en prison, condamnés ou inculpés dans divers complots présumés qui visaient à renverser son gouvernement.

Le mois dernier, les deux derniers généraux encore en vie à l'origine du putsch meurtrier de 1980 ont comparu depuis leur lit d'hôpital devant un tribunal. Agés de 94 et 86 ans, Kenan Evren et Tahsin Sahinkaya ont affirmé, sans remords, avoir agi pour le bien de leur pays.


 
 

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