Un drame familial à l'origine du kidnapping

C'est une affaire de famille qui a poussé un père à enlever sa fille samedi à Morat. Il vivait séparé de son ex-femme depuis début décembre.

14 janv. 2013, 18:39
En collaboration avec l'Office fédéral de la police à Berne, les gendarmes vaudois ont procédé à un exercice anti-enlèvement lundi.

Une fillette de deux ans a été enlevée par son père accompagné de complices, samedi en début d'après-midi devant un centre commercial de Morat (FR). Elle a été retrouvée par la police en bonne santé la nuit suivante en Allemagne où vit le père de 41 ans.

Vers 14h00, l'homme s'est emparé de son enfant qui se trouvait dans une poussette pendant que plusieurs complices ceinturaient son ex-femme. La fillette a alors été embarquée dans un véhicule, a indiqué la police fribourgeoise lundi dans un communiqué.

Le couple vit séparé depuis début décembre. L'homme, âgé de 41 ans, est domicilié en Allemagne alors que son ex-femme, une Marocaine de 29 ans, est à Morat. L'attribution de la garde et de l'autorité parentale sur l'enfant n'avaient pas encore fait l'objet d'une décision judiciaire formelle, mais la fillette se trouvait de fait chez sa mère depuis la séparation, précise la police.

Important dispositif

Un important dispositif de police a été mis en place, y compris dans les cantons voisins et aux frontières avec l'Allemagne. Le procureur fribourgeois en charge de l'enquête a délivré un mandat d'arrêt international et demandé sa diffusion en particulier en Allemagne.

L'homme et la fillette ont été localisés dans la nuit de samedi à dimanche. Le père a dès lors été interpellé au domicile de sa mère et sa fillette, en bonne santé, a été prise en charge par les autorités locales et placée dans un foyer. L'enquête pénale se poursuit.

Les médias romands avaient relaté l'affaire en fin de semaine déjà. La police a fourni ses premières indications lundi. Elle n'a entre autres détails pas précisé où le père et la fillette ont été retrouvés en Allemagne. Le nombre de complices demeure pour l'heure confus.

Pas d'alerte enlèvement

Depuis 2010, les enfants victimes d'enlèvement peuvent être recherchés grâce à un système d'alarme coordonné à l'échelle nationale. Les annonces sont ensuite diffusées par les radios et les télévisions, les écrans d'affichages autoroutiers, les messages aux gares et aéroports ainsi que via SMS.

Dans le cas de l'enlèvement de samedi, aucune alerte n'a pourtant été déclenchée, comme l'a déclaré Benedikt Scherer, cheffe de division de la centrale d'engagement de l'Office fédéral de la police (fedpol). Celle-ci précise que l'envoi du signal d'alerte relève de la compétence de la police cantonale concernée. Pour des raisons tactiques, il n'est pas rare de renoncer au déclenchement d'une alerte à l'échelle nationale, ajoute-t-elle.