Une criminelle de guerre présumée, suspectée d'avoir égorgé un garçon en Bosnie, sera extradée de Suisse

Une femme suspectée d'avoir égorgé, en 1992, un garçon de 12 ans lors de la guerre des Balkans avait été arrêtée en septembre dernier à Neuchâtel. Le Tribunal pénal fédéral vient d'autoriser son extradition vers la Bosnie-Herzégovine.
23 mars 2017, 11:15
/ Màj. le 23 mars 2017 à 12:00
La femme assure qu'elle n'a jamais été membre de l'armée et nie les faits qui lui sont reprochés.

Le Tribunal pénal fédéral (TPF) donne son feu vert à l'extradition d'une présumée criminelle de guerre en Bosnie-Herzégovine. Opposée à cette décision, elle avait été arrêtée en septembre 2016 sur ordre du Ministère public du canton de Neuchâtel.

Elle est suspectée d'avoir égorgé en 1992, comme membre de l'armée bosniaque, un jeune garçon de douze ans, qui venait d'arriver à vélo dans un village. La recourante est accusée d'avoir saisi l'enfant par les cheveux et de l'avoir ensuite tué en le blessant au niveau de la nuque et de la gorge avec un couteau.

En septembre 2016, l'Office fédéral de la justice avait émis un mandat d'arrêt en vue d'extrader l'intéressée. Il avait ordonné au Ministère public du canton de Neuchâtel de procéder à l'arrestation et à l'audition de cette femme, qui vit depuis plus d'une vingtaine d'années en Suisse. Un mois plus tard, l'OFJ avait décidé d'accorder l'extradition.

Motifs politiques écartés

Opposée à cette mesure, l'intéressée affirme n'avoir jamais participé à aucune opération militaire et n'avoir jamais été membre de l'armée. Elle soutient que son extradition serait requise par les autorités bosniennes pour des motifs politiques.

Sa remise à la Bosnie-Herzégovine aurait pour but de la faire intervenir dans une procédure dirigée contre une autre personne. Dans un arrêt diffusé jeudi, le TPF écarte les objections de la recourante, qui dénonce le caractère "abusif" de la requête.

Il n'y a pas lieu de douter de la véracité des éléments livrés par la Bosnie-Herzégovine, indiquent les juges de Bellinzone. Un article de presse qu'elle a cité ainsi que ses allégations ne sauraient renverser la présomption de la bonne foi de la Bosnie-Herzégovine, juge le TPF.