A Lausanne, la fermeture du Grand-Pont bouleverse la mobilité

Le Grand-Pont à Lausanne va être bouclé pour travaux, entraînant un vaste coup de sac dans les itinéraires de mobilité des automobilistes et des usagers des transports publics au centre-ville. La fermeture totale est prévue dès le 17 janvier sous réserve de l’issue de deux recours. Les autorités appellent les automobilistes à éviter de transiter par le centre-ville.
04 oct. 2021, 16:17
Le Grand-Pont devrait être fermé durant dix mois (archives).

Le pont, inauguré en 1844, est un axe essentiel de la mobilité au centre-ville, mais il a besoin d’une cure de jouvence. Pour des raisons de sécurité, les travaux ne pouvaient pas attendre le futur chantier du tram et des bus à haut niveau de service (BHNS), qui est retardé pour des «péripéties juridiques», a expliqué lundi la municipale Florence Germond.

En moins d’une année, les Transports publics de la région lausannoise (TL) ont dû dessiner un nouveau réseau. C’est un chantier «massif» qui va débuter. Un chantier estimé à 11,5 millions de francs, plus 1,5 million pour les TL, qui devrait se terminer en novembre pour éviter les fêtes de Noël, à la demande des commerçants.

Gros challenge

La fermeture complète du pont, sans bus, ni voiture, ni piéton, constitue «un gros challenge», a expliqué Patrick Etournaud, chef du Service routes et mobilité. Neuf lignes de bus transitent par cet axe. Certaines conserveront leur numéro, mais verront leur itinéraire modifié. D’autres lignes seront couplées ou scindées et porteront de nouveaux numéros – 84 à 88 – pour éviter des confusions.

«Les lignes et les horaires vont changer. Les conducteurs devront s’adapter, mais aussi les clients et la population qui verra passer des bus là où il n’y en avait pas», a relevé Patricia Solioz-Mathys, directrice des TL. L’exercice permettra aussi de tester de nouvelles options. Des comptages seront menés dans les bus.

Nouveaux itinéraires

Impossible de détailler tous les changements. La Riponne deviendra une interface clé, en connexion avec le métro M2. A Saint-François, quelques bus rebrousseront chemin, mais pas à Bel-Air, où ils bifurqueront en direction de la rue Neuve et de la Riponne.

Des itinéraires alternatifs seront proposés aux cyclistes. Une passerelle provisoire verra le jour pour les piétons, en parallèle au Grand-Pont, d’ici à novembre. Au-dessous, sur la place centrale, l’installation de chantier prendra ses quartiers.

Eviter le transit au centre-ville

Un gros travail d’information sera mené, avec un tous-ménages, des séances d’informations et une signalétique sur le terrain. D’une manière générale, les autorités appellent les automobilistes à éviter tout «transit inutile» dans l’hyper-centre.

La circulation s’annonce «difficile» au centre-ville. L’un des axes les plus chargés sera l’avenue Jules-Gonin et le Grand-Chêne. Les mesures d’accompagnement prévues devraient limiter à 5% la hausse de trafic sur cet axe. Elle aurait été de l’ordre de 20% sans ces mesures, entraînant un «chaos» matin et soir aux heures de pointe.

Deux recours déposés

Deux recours provenant «d’acteurs économiques» viennent d’être déposés contre deux de ces mesures d’accompagnement: l’un vise l’installation de chantier prévue à la place centrale, l’autre une piste cyclable sur l’axe Jules-Gonin et Grand-Chêne. «Nous allons demander la levée de l’effet suspensif, pour ne pas bloquer les travaux», a expliqué Mme Germond.

Si la justice refuse, la ville n’exclut pas de fermer quand même le Grand-Pont, pour des raisons de sécurité. Les travaux seraient alors retardés et impacteraient les fêtes de Noël 2022-2023.