Conseil d’Etat: Béatrice Métraux ne se représentera pas

Comme ses collègues, Pascal Broulis et Philippe Leuba, la ministre verte a annoncé qu’elle ne se représenterait pas. Elue en 2011, elle avait pris la place de l’UDC Jean-Claude Mermoud.
01 oct. 2021, 08:33
Béatrice Métraux, ici lors des 10 ans du district de Nyon, avait été élue en 2011.

Béatrice Métraux quittera le Conseil d’Etat vaudois le 30 juin prochain. En poste depuis bientôt dix ans, la ministre des Verts en charge de l’environnement et de la sécurité a annoncé vendredi matin qu’elle ne se représentait pas aux élections cantonales de mars.

L’ancienne syndique de Bottens a réservé la primeur de sa décision au journal régional de l’Echo du Gros-de-Vaud. «Je suis arrivée à la conclusion qu’il était temps de laisser ma place. C’est une décision 100% personnelle», affirme-t-elle. A 66 ans, elle souhaite passer le relais «à la nouvelle génération.»

C’est une décision 100% personnelle. Je souhaite passer le relais à la nouvelle génération.
Béatrice Métraux Conseillère d'Etat sortante

Béatrice Métraux est entrée au château Saint-Maire en janvier 2012 en tant que ministre de l’intérieur, après avoir remporté une élection complémentaire pour remplacer l’UDC Jean-Claude Mermoud, décédé en septembre 2011. Son élection avait permis à la gauche de prendre la majorité au Conseil d’Etat.

Majorité de gauche et féminine

La ministre écologiste a ensuite été réélue à deux reprises, en 2012 et 2017, sur un solide ticket rose-vert. Le scrutin cantonal de 2012 avait même conduit à une rare majorité féminine dans un gouvernement cantonal en Suisse, renouvelée cinq ans plus tard.

Au sein du gouvernement, Béatrice Métraux s’est notamment chargée des dossiers sécuritaires. Elle s’est par exemple attelée à augmenter la capacité et à moderniser le parc pénitentiaire vaudois, ainsi qu’à améliorer la coordination de la chaîne pénale.

Appel à candidatures
Dans un communiqué publié vendredi matin, les Verts vaudois ont remercié leur ministre pour son engagement. Ils ont aussi détaillé le processus qui mènera à sa succession aux élections cantonales de mars prochain. Le parti lance un appel à candidatures qui se terminera le 25 octobre. Une assemblée générale extraordinaire sera ensuite convoquée le 20 novembre pour définir la stratégie verte.
Aucun membre des Verts ne s’est encore annoncé partant. Mais, selon les observateurs, un favori semble se dégager en la personne du député Vassilis Venizelos.

Sur ce volet sécuritaire, Mme Métraux a été sous le feu des projecteurs lors du meurtre de Marie, tuée par un récidiviste en 2013. «J’y repense souvent», reconnaît-elle dans l’interview accordée à l’Echo du Gros-de-Vaud. «Ça a été un échec du système, mais il a permis de réformer les relations entre les services médicaux et pénitentiaires, et de repenser la prise en charge des détenus», estime-t-elle.

Critiquée par les jeunes Verts

En plus de la sécurité, Béatrice Métraux a repris l’environnement en 2020. Elle y a fait avancer plusieurs dossiers, à commencer par l’élaboration du Plan Climat vaudois.

Cette double casquette sécurité – environnement lui a toutefois valu des critiques. Et notamment à l’occasion de l’évacuation des zadistes du Mormont le printemps dernier. Les jeunes Verts vaudois avaient alors réclamé sa démission. Une nouvelle génération qui est «exigeante et a raison de l’être pour répondre aux défis climatiques», affirme-t-elle.

Béatrice Métraux va laisser derrière elle 20 ans d’engagement politique. Avant d’accéder au Conseil d’Etat, elle a été municipale à Bottens de 2002 à 2012 et députée au Grand Conseil de 2007 à 2012, où elle a œuvré comme cheffe du groupe des Verts.

Marcher, lire, méditer

Cette juriste de formation et Française d’origine – elle est née à Arcachon près de Bordeaux – est arrivée en Suisse en 1981. Lorsque l’heure de la retraite politique aura sonné l’été prochain, elle dit vouloir passer du temps avec sa famille, notamment avec son petit-fils et son mari, ancien inspecteur cantonal des forêts.

«Nous sommes encore tous les deux en pleine forme et nous allons sans doute beaucoup marcher. Je vais aussi lire, méditer et continuer à m’engager pour ce canton et ses habitants comme bénévole dans le milieu associatif», explique-t-elle dans le journal local.

Béatrice Métraux est la troisième membre du Conseil d’Etat à annoncer son départ, après les deux PLR Pascal Broulis et Philippe Leuba.   L’autre PLR Christelle Luisier va, elle, se représenter. Il devrait en être de même, sauf surprise, des trois ministres socialistes en place Nuria Gorrite, Cesla Amarelle et Rebecca Ruiz.