Genève: et voici le bus 100% électrique et sans ligne de contact

Les Transports publics genevois, en collaboration avec ABB Sécheron et les Services industriels de Genève lancent un bus électrique, sans caténaire. Il circulera à Genève dès le 26 mai prochain.
07 août 2015, 11:15
Le Tosa un bus 100% électrique sans ligne de contact fait une démonstration sur la site de ABB, lors d'une conférence de presse, ce vendredi 19 avril 2013 a Satirgny près de Genève.

Dès le 26 mai prochain, un bus 100% électrique ne nécessitant aucun caténaire sera mis en service à Genève. Ce véhicule novateur issu d'une collaboration entre l'équipementier ABB Sécheron, les TPG et les SIG stocke l'énergie à bord et se recharge aux arrêts.

Ce projet intitulé TOSA, pour "Trolleybus Optimisation Système Alimentation", sera présenté en première mondiale à l'exposition de l'Union internationale des transports publics (UITP). "Notre ambition est de déployer cette technologie à Genève sur une ligne complète et ensuite ailleurs en Europe et dans le monde", a déclaré vendredi Jean-Luc Favre, directeur général d'ABB Sécheron.

En attendant, le prototype TOSA circulera jusqu'en mars 2014 sur un tronçon de ligne entre l'aéroport et Palexpo où se tient l'exposition de l'UITP. Le véhicule silencieux, qui de prime abord ressemble à un bus normal, utilise la technique du "biberonnage". Ce système permet de stocker à bord de l'énergie renouvelable.

Le bus démarre son trajet chargé et grâce à un "système flash", il se recharge aux arrêts en 15 secondes. Concrètement, quand le bus approche de l'arrêt, l'infrastructure le détecte et se prépare à la connexion. Une fois sur place, un connecteur aérien assure le branchement et le bus reçoit une grosse dose d'énergie (400 kW) pour la suite de son parcours.

Chasse aux émissions de CO2

Pour Michèle Künzler, cheffe du département de l'intérieur, de la mobilité, des transports et de l'environnement (DIME), ce projet a de nombreux avantages en réduisant les émissions de CO2 et en diminuant le bruit. Il a aussi un effet bénéfique sur l'esthétique urbain, a-t-elle relevé en imaginant une place Bel-Air sans tous ces fils qui balafrent le carrefour.

Le conseiller d'Etat Pierre-François Unger, chef du département de l'économie se réjouit que ce "projet extraordinaire" dans le domaine des cleantech soit issu d'un partenariat privé-pubic. Il a été développé par ABB Sécheron, les Transports publics genevois (TPG), les Services industriels de Genève (SIG) grâce à la coordination de l'Office de promotion des industries et des technologies (OPI).

Peu de sous, beaucoup d'énergie

Le budget du projet TOSA atteint un peu plus de cinq millions de francs. Il est couvert pour les deux tiers par ABB Sécheron, le reste étant assuré par les autres partenaires ainsi que le canton et la Confédération. "Le canton a mis relativement peu de sous (500'000 francs), mais beaucoup d'énergie", a souligné M.Unger.

Une étude de faisabilité a montré que les coûts d'infrastructures étaient moins importants que ceux d'un trolleybus de capacité identique. Autre avantage selon Mme Künzler, il est plus facile d'adapter un itinéraire en cas de perturbation du trafic grâce à l'absence de lignes de contact.