Genève: il tente de faire assassiner sa riche épouse

Un financier, impliqué dans la tentative d'assassinat de sa riche épouse, comparaît devant le Tribunal criminel de Genève depuis lundi. Trois autres personnes sont également sur le banc des accusés.

01 oct. 2014, 18:39
Le procès s'est ouvert lundi matin au Tribunal criminel de Genève. L'accusé assure n'avoir pas prémédité son crime.

Le procès de quatre hommes impliqués dans la tentative d'assassinat d'une riche épouse s'est poursuivi mercredi devant le Tribunal criminel de Genève avec l'interrogatoire de l'entrepreneur. Ce Kosovar est accusé d'avoir servi d'intermédiaire entre le mari et un compatriote qui a trouvé le tueur à gages.

Le mari, un financier touché par la crise de 2008 et l'affaire Madoff, lui fait part en juin 2010 de son projet de faire tuer sa femme. Les époux étant séparés, il avait peur de perdre ses enfants, selon l'entrepreneur. L'acte d'accusation fait ressortir qu'il aurait hérité plus de 23 millions de francs de sa femme.

Le mari exige que l'homicide passe pour un cambriolage qui a mal tourné. Aux ordres de son ami et associé en affaires, l'entrepreneur trouve un premier tueur, qui disparaît avec l'acompte. Le financier se plaint d'être mené en bateau. Au printemps 2011, le Kosovar en parle à un compatriote, aujourd'hui âgé de 33 ans. C'est lui qui a trouvé un homme de main quelques mois plus tard.

Controdre

En janvier 2012, le mari s'impatiente et se fâche à nouveau. Mais le 12 février, il dit de tout arrêter. Un contrordre que l'entrepreneur affirme avoir transmis à son compatriote. Or le 19 février à 22h48, le cousin de ce dernier, 1,96 mètre pour plus de 100 kilos, agresse l'épouse dans le jardin de sa propriété de Chêne-Bougeries, à son retour de vacances. Il la blesse au cou et à la joue avec un couteau.

"En deux ans, avez-vous tenté de dissuader monsieur de faire tuer sa femme?" a demandé Marc Bonnant, avocat de la victime. "Je ne lui ai jamais dit de ne pas le faire", a répondu le prévenu. Cette mission le mettait toutefois mal à l'aise, il travaillait moins bien depuis quelques temps. L'épouse était une amie. Il tutoyait le couple, a-t-il indiqué aux juges à la demande de Yaël Hayat, avocate du mari.

Au moins vingt fois sur place

De son côté, le compatriote, qui travaille aussi dans le bâtiment, nie toute implication dans le crime. Il a bien conduit son cousin le soir des faits et l'a attendu à proximité, pensant qu'il allait voir une copine. Quelques jours plus tard, son cousin lui avoue avoir voulu tuer la femme sur ordre de l'entrepreneur, a-t-il déclaré mercredi après-midi à la cour.

Le trentenaire est accusé d'être coauteur de la tentative de meurtre. Selon le Ministère public, il a recruté l'homme de main et l'a emmené au moins vingt fois sur place pour procéder à des repérages. L'entrepreneur a expliqué que son compatriote avait proposé de partager la rémunération versée par le mari: 100'000 francs pour chacun des intermédiaires et 200'000 pour le cousin.

Le procès continue jeudi avec l'interrogatoire du mari. Le verdict doit tomber le 10 octobre.