Genève: la réponse du Conseil d'Etat ne plaît pas du tout au Cartel intersyndical

Le président du Cartel intersyndical du personnel de l'Etat genevois ne fait pas dans la demi-mesure: "il n'y a rien dans la lettre du Conseil d'Etat, on est dans l'impasse". Marc Simeth s'attend à une assemblée générale houleuse ce mercredi soir à Genève et envisage une grève pour le 1er décembre.

25 nov. 2015, 17:47
Marc Simeth, le président du Cartel intersyndical pense que la grève des fonctionnaires genevois sera revotée ce mercredi soir.

Le conflit opposant les fonctionnaires genevois et le Conseil d’Etat devrait rebondir ce soir avec la séance des membres du Cartel intersyndical du personnel de l'Etat et du secteur subventionné. Interview avec un Marc Simeth très remonté. Le président du Cartel et leader du mouvement a accordé une interview dans laquelle il tire la sonnette d’alarme et imagine des jours sombres si le Conseil d’Etat persiste dans sa démarche.

Le Conseil d’Etat semble ne pas avoir d’après vous répondu favorablement à vos demandes, qu’est-ce vous souhaitez faire?

On veut leur montrer que le ras-le-bol est général. Ça passera très certainement par une grève le 1er décembre et elle sera reconductible. Il faudra qu’ils arrêtent de nous prendre pour des débiles. Leur proposition de mettre entre parenthèse les mesures (réduction des charges, suppression de postes…) ne passera jamais. Je crois qu’ils n’ont pas compris le sérieux de la situation.
Je pense que l’assemblée de ce mercredi soir va exiger un mouvement plus dur. Il n’y a aucune raison d’être objectif, on a rien reçu de leur part en termes de garanties. On milite pour contre le « Personal Stop » et dans les courriers que je reçois, les associations, les fonctionnaires sont tous très remontés.

Pourquoi pensez-vous que le Conseil d’Etat ne vous donne aucune garantie?

Le problème, c’est que le Conseil d’Etat ne dirige plus. Le Grand Conseil à majorité à droite a pris le lead et ils ne veulent surtout pas écouter nos messages d’alerte. Je suis effaré car ils sont en train de tuer la qualité de service de Genève. Avec leur plan, c’est la fin annoncée du service public et la priorité aux riches qui pourront se payer la santé, les écoles… pendant que les autres se débrouilleront comme ils peuvent. 

L’Union des cadres de l'administration ne va pas appeler à la grève, vous en pensez quoi?

Je ne suis pas surpris mais il faudrait qu’ils réfléchissent. Il sera trop tard quand les coupes dans les postes les concerneront aussi. Ils signent le référendum contre le « Personal Stop » mais ils oublient de défendre leurs acquis. Les arguments de Madame Emery Torracinta sont peu compréhensibles. Elle ne trouvera jamais 60 millions à économiser pour son département de l’instruction publique. Il faut trouver de nouvelles ressources comme une plus grande imposition des entreprises ou un impôt à la source généralisé.