Genève teste sa vidéoprotection au quartier de Pâquis

Ce sont quelque 29 caméras qui "observeront" en permanence le quartier des Pâquis à Genève dès mercredi. Cette vidéosurveillance sera supervisée par des agents dans une salle spécialement aménagée au sein du nouvel Hôtel de Police.

14 oct. 2014, 12:49
Une partie du quartier genevois des Pâquis sera dès mercredi placé sous l'oeil scrutateur de 29 caméras de vidéoprotection.

Une partie du quartier genevois des Pâquis sera dès mercredi placé sous l'oeil scrutateur de 29 caméras de vidéoprotection. Les images seront visualisées par des agents dans une salle spécialement aménagée au sein du Nouvel Hôtel de Police. Ce dispositif, pour le moment unique en Suisse par son côté proactif, fera l'objet d'une évaluation au bout de deux ans.

La vidéoprotection n'est pas une fin en soi, mais un outil qui permettra de renforcer l'action de l'ensemble des responsables de la chaîne sécuritaire, a expliqué devant la presse le conseiller d'Etat Pierre Maudet, responsable du Département genevois de la sécurité et de l'économie.

Le but n'est pas de substituer les patrouilles de police par des caméras, a ajouté le magistrat. Le choix des Pâquis pour mener cette expérience pilote n'est pas le fruit du hasard. Le quartier chaud de Genève est le théâtre de trafics en tous genres et le terrain de chasse privilégié de certains petits délinquants.

"Nous voulons faire en sorte que ce quartier soit davantage pacifié", a expliqué M. Maudet. Les commerçants et les habitants sont montés plusieurs fois au front pour demander des mesures. La mise en place du dispositif de vidéoprotection est la résultante d'un projet de loi adopté par le Grand Conseil.

Huit agents

Le projet a coûté un peu plus d'un million de francs et a été réalisé dans de très courts délais. Le coût de fonctionnement du dispositif, avec huit agents qui se relaieront devant les écrans du centre de vidéoprotection, chaque jour de l'année, 20 heures sur 24, s'élève, pour sa part, à un million de francs par an.

Les autorités ont dû se montrer particulièrement attentive à ne pas enfreindre le cadre légal, notamment en regard du respect de la vie privée et de la protection des données. L'accès à la salle de commande est strictement réglementé et de nombreuses contraintes ont été posées à l'utilisation des images par la justice et la police.

Une signalétique sera mise en place dans le quartier, indiquant que le périmètre est placé sous vidéoprotection. Un bilan sera tiré au bout de deux ans par le professeur de l'Université de Neuchâtel Francisco Klauser. A ce jour, il n'existe quasiment pas d'études en Suisse sur ces dispositifs sécuritaires de vidéoprotection.

Le système sera évalué sous différents angles. Il faudra voir s'il a une influence sur la criminalité, s'il permet d'élucider des crimes, s'il modifie la qualité de vie dans les espaces publics du quartier ou s'il a un impact sur le travail de la police et les activités des services d'urgence, comme les ambulances ou les pompiers.

Un exemple à suivre?

Aux yeux de M. Maudet, la vidéoprotection doit être comprise comme un outil complémentaire. Si l'expérience des Pâquis s'avère positive, d'autres quartiers pourraient en être dotés. Dès mercredi, 23 caméras seront opérationnelles aux Pâquis. Six appareils supplémentaires seront installés d'ici décembre dans la zone.

La résolution des objectifs est suffisante pour pouvoir identifier la plaque minéralogique d'un véhicule à une distance de 150 mètres. Certaines caméras sont orientables. Un des appareils est une caméra infrarouge qui servira à observer un square connu pour être fréquenté la nuit par des trafiquants de drogue.