La Mosquée de Genève n'a pas de preuves du fichage de ses imams

Devant le scandale qui montait, la Mosquée de Genève et la Fondation culturelle islamique qui la gère ont répondu fermement aux accusations d'avoir embauché deux imams fichés au renseignement français comme étant dangereux. Pour la Mosquée, rien ne prouve l'existence de fiche S.

19 nov. 2015, 13:18
La grande mosquée du Petit-Saconnex à Genève. (Image d'archive)

La Fondation culturelle islamique de Genève, qui gère la mosquée du Petit-Saconnex, répond aux accusations portant sur le supposé fichage de deux de ses imams. Selon elle, "rien ne prouve l'existence de fiche S" les concernant. La fiche S désigne les personnes potentiellement menaçantes pour la sûreté de la France.

Un des imams a écrit au procureur de la République française en charge de l'anti-terrorisme, afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Celui-ci a répondu le 15 septembre n'avoir "en l'état aucun motif, ni cadre juridique" pour donner suite à la demande d'audition.

Dans un article publié fin août, la "Tribune de Genève" expliquait que les deux imams français font l'objet d'un fichage depuis 2012 au moins. Or la fondation précise qu'elle n'avait aucune information de ce genre lors de l'engagement des deux religieux et qu'elle est "satisfaite de leur travail".

Coopération avec les autorités genevoises

Condamnant "fermement le terrorisme et l'extrémisme", la fondation indique qu'une coopération a été mise en place depuis plusieurs mois avec les autorités cantonales et la police genevoise en vue de signaler les cas de radicalisation de personnes fréquentant les lieux. Selon elle, cette transparence dénote une "réelle prise en charge d'un problème dont on ne peut aujourd'hui se désengager."

En outre, la fondation écrit avoir multiplié les rencontres avec la Fondation genevoise pour l'animation socioculturelle pour développer l'échange d'informations et mieux collaborer sur le terrain avec les jeunes. Elle dit avoir aussi pris des mesures internes pour accroître la vigilance: caméras de vidéosurveillance, messages de mise en garde contre les dérives, médiateurs.