Vaud: projet pilote pour diminuer l’empreinte carbone des exploitations agricoles

Prométerre et la Haute Ecole du paysage de Genève s’associent à vingt exploitations vaudoises pour tester de nouvelles pratiques agricoles, plus respectueuses de l’environnement.
20 mai 2022, 11:35
Une vingtaine d'exploitations agricoles vaudoises vont tester de nouvelles mesures pour réduire leur empreinte carbone (image d'illustration).

Depuis l’automne, vingt exploitations agricoles vaudoises testent des méthodes pour mesurer leur empreinte carbone réelle. A terme, l’objectif est de changer certaines pratiques, pour permettre aux sols de mieux stocker le carbone et diminuer les émissions polluantes.

Dans le cadre de la photosynthèse, la végétation absorbe le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère. Lorsque la plante se dégrade, la biomasse ainsi produite retourne nourrir le sol, avec le gaz qui se retrouve stocké dans l’humus, rappelle jeudi Prométerre.

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L’Association vaudoise de promotion des métiers de la terre, en collaboration avec le canton de Vaud et la Haute Ecole du paysage de Genève (HEPIA), a lancé un projet pilote pour réduire l’impact des émissions polluantes de l’agriculture et participer, comme les autres secteurs économiques, aux efforts pour atteindre les objectifs du plan climat vaudois, qui vise la neutralité carbone en 2050. Aujourd’hui, les émissions de l’agriculture vaudoise représentent environ 11% du total cantonal.

Adapter les pratiques

Pour favoriser la capture du carbone dans les sols, il convient d’adapter les pratiques culturales. Car cette capture pourrait à terme surpasser les émissions liées à la production, affirme Prométerre dans un communiqué.

Pour dresser un bilan carbone complet, il faut d’abord savoir combien de gaz a été stocké dans le sol et donc être capable de le mesurer. C’est précisément l’objectif des tests qui sont en cours depuis l’automne dernier et donnent des résultats «encourageants».

Impact de l’exploitation

Ces tests sont effectués selon les standards du GIEC, par un système de carottage des parcelles. Ils permettront de connaître l’impact de l’ensemble des activités de l’exploitation, mais aussi de dessiner des changements de pratiques afin de réduire les émissions et d’augmenter la séquestration du carbone.

Dans une des fermes, à Chavannes-le-Veyron (grandes cultures et élevage), une simulation indique des pistes supplémentaires d’action: comme l’utilisation de compléments alimentaires pour les bovins ou la culture sans labour pour préserver le sol.

Neutralité carbone et chasselas

Sur une exploitation viticole à Bougy-Villars, l’enherbement de la vigne favorise le stockage du carbone, de même que l’utilisation de marc de raisin et sarments qui, en se décomposant, vont nourrir le sol. L’empreinte carbone est ainsi presque neutre, tout en produisant du chasselas, note Prométerre.

Ce projet pilote vise à rendre la démarche accessible aux professionnels de l’ensemble du canton et de la Suisse romande. Il reste à développer les outils qui manquent dans certaines filières et à adapter les processus. Prométerre espère que les futures mesures du plan climat vaudois encourageront cette transition.

Une plateforme pour coordonner

L’association mettra en place ces prochains mois une plateforme «Agriculture et climat» afin de réunir l’ensemble des acteurs autour de ces enjeux. Cette plateforme aura pour ambition d’identifier les actions concrètes à mettre en place par branche durant la prochaine décennie. Ceci pour s’adapter aux changements climatiques, réduire les émissions et stocker davantage de carbone.

par Keystone - ATS