Coronavirus: le canton veut vacciner la moitié des Vaudois

Le canton de Vaud se dit prêt à vacciner sa population dès le 11 janvier. Il n’attend plus que les livraisons de la Confédération pour lancer une campagne de vaccination inédite, qui se tournera d’abord vers les EMS.

18 déc. 2020, 10:13
/ Màj. le 18 déc. 2020 à 12:54
Les conseillères d'Etat Beatrice Metraux et Rebecca Ruiz en marge de la conférence de presse sur le dispositif mis en place par le canton pour la vaccination.

«Tout pourrait désormais aller très vite», a relevé vendredi la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz, en présentant devant la presse le dispositif cantonal de vaccination. La ministre de la santé a rappelé que trois vaccins étaient actuellement examinés par Swissmedic. Et qu’en cas d’homologation, ils seront ensuite livrés aux cantons.

Parmi les premiers cantons à dévoiler sa stratégie, après notamment Berne lundi dernier, Vaud se tient prêt à passer à l’action dès le 11 janvier. Il le fera d’abord dans les EMS par le biais d’équipes mobiles, composées d’astreints à la protection civile (PCi).

Six à huit équipes, soit environ 60 à 70 personnes, seront engagées pour assurer les vaccinations dans les plus de 200 EMS et autres institutions du canton. «Déjà fortement impliquée depuis le début de la crise, la PCi sera plus mobilisée que jamais», a indiqué Béatrice Métraux, la conseillère d’Etat chargée de la sécurité. Elle a ajouté que l’armée pourrait aussi être appelée en renfort.

La vaccination sera ensuite possible, dès le 18 janvier, dans un centre de vaccination au CHUV à Lausanne. De tels centres seront ouverts dès février dans les autres régions du canton, principalement dans des hôpitaux. Les cabinets médicaux et les pharmacies seront intégrés dans un second temps, en raison notamment du mode de conservation particulier, soit à de très basses températures, de certains vaccins.

Convaincre au lieu de contraindre

«Défi colossal», «travail immense», «planification sans précédent», Rebecca Ruiz et Béatrice Métraux n’ont eu de cesse de souligner l’ampleur de la tâche. Elles ont répété que l’objectif, voulu au niveau fédéral, consistait à vacciner la moitié de la population d’ici à l’été prochain: soit environ 400 000 personnes pour le canton de Vaud, et donc 800 000 doses à administrer.

Suivant les directives de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), Mme Ruiz a indiqué que les personnes vulnérables seront vaccinées en priorité, tout comme leurs contacts étroits ainsi que le personnel de santé. Elle a toutefois noté qu’il n’y aurait aucune obligation, y compris pour les soignants. «Nous avons fait le choix de ne pas contraindre, mais de miser sur la conviction», a-t-elle dit.

La ministre socialiste a expliqué que les autorités allaient «beaucoup communiquer» ces prochaines semaines pour inciter les gens à se faire vacciner. Elle a aussi rappelé que la vaccination sera entièrement gratuite pour la population.

«Bout du tunnel»

Egalement présent vendredi face à la presse, le professeur Blaise Genton, spécialiste des maladies infectieuses et des vaccins à Unisanté, a reconnu qu’il restait «une incertitude» sur d’éventuels effets secondaires à long terme, étant donné la vitesse avec laquelle ces nouveaux vaccins ont été élaborés et testés.

Mais selon lui, ces effets secondaires à long terme sont rares avec les vaccins. Il a estimé qu’il fallait davantage s’attendre aux réactions habituelles après un vaccin, comme des rougeurs, de la fatigue ou une légère fièvre. Il a aussi remarqué que les premières campagnes de vaccinations dans les autres pays, comme au Royaume-Uni, «se passent globalement bien.»

En guise de conclusion, Rebecca Ruiz a estimé que «le bout du tunnel était à notre portée» avec l’arrivée des vaccins. Elle a toutefois appelé «à la plus grande prudence» pour les semaines à venir, et particulièrement durant les fêtes avec le mélange intergénérationnel. Elle a mis en garde contre un nouveau rebond de la pandémie, qui mettrait le système de santé dans une situation «intenable».