Le bétail meurt de soif dans les alpages du Jura

Les vaches souffrent de la chaleur. Les puits s'assèchent et l'herbe vient à manquer. Avec le concours de l'armée, le canton a édicté des mesures d'urgence, dont l'installation huit bassins d'eau, dont deux au-dessus de Saint-Cergue.
25 août 2015, 16:12
Les bovidés cherchent par tous les moyens à se rafraîchir quelque peu.

Le bétail en pleine période d’estivage dans nos alpages commence à manquer cruellement d’eau. Le canton vient donc de déclencher son plan Orca (Organisation en cas de catastrophe), pour soulager le monde agricole "particulièrement touché par la sécheresse, selon les mots du conseiller d’Etat en charge du dossier, Philippe Leuba. Une vache boit entre 100 et 150 litres d’eau par jour. Sans intervention, la quantité de lait risque de diminuer et c’est un secteur essentiel qui serait ainsi mis en péril." Ainsi, huit points d’eau seront installés sur tout l’arc jurassien, dont deux dans notre région, soit un à La Givrine et le second à La Bassine avec le concours de l’armée suisse.

Contactés, les principaux intéressés accueillent la nouvelle positivement, ce d’autant que la situation devient urgente pour certains agriculteurs. Les puits et les citernes alimentés par l’eau de pluie s’assèchent à vitesse grand V. "Mes vaches boivent plus que d’habitude, vu qu’il n’y a pas de rosée le matin. Je remplis mes bassins 3 à 4 fois par jour", constate Jean-Marc Borloz.

Si les fortes chaleurs diminuent les réserves d’eau, il en va tout autant de la nourriture. "Tout est grillé!, poursuit le berger d'Arzier. D’ici une dizaine de jours, mes vaches suceront des cailloux." Les quantités d’herbe fléchissant très rapidement, l’Etat a également pris des mesures exceptionnelles à ce sujet. Si l’apport de fourrage sur les alpages est en théorie interdit, le conseiller d’Etat Philippe Leuba a décidé d’autoriser temporairement cette pratique. La raison est simple: maintenir le bétail sur les alpages. Si les vaches devaient redescendre en plaine, la situation pourrait être encore plus dramatique.

Plus de détails sur le plan d'urgence du canton et les réactions de plusieurs agriculteurs dans nos éditions payantes de lundi.