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Nathan Dugast, l’ambition pour moteur

Le jeune coureur de fond aubonnois a pris part à sa première grande compétition internationale en décembre.

20 janv. 2016, 23:27
/ Màj. le 21 janv. 2016 à 09:30
Aubonne, mardi 12.01.2016, course à pied, portrait de Nathan Dugast, coureur de fond, photos Cédric Sandoz

Il court, il court, Nathan Dugast. Il ne fait même pratiquement que ça. Au point d’arrêter ses études pour se consacrer pleinement à son sport et tenter d’atteindre son but ultime: les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. «Les JO, c’est l’accomplissement d’une carrière pour tout athlète», lance-t-il. La route est encore longue. Mais il est bien déterminé à gravir les échelons pour décrocher la lune. Il a déjà franchi un premier cap le 13 décembre dernier en prenant part aux championnats d’Europe juniors de cross-country, qui se sont déroulés à Hyères (France). A la clé, une 83e place, loin des attentes de l’exigeant Nathan.

Une première amère

Cette participation aux Européens, le Vaudois en avait fait son objectif principal pour 2015. Il s’est préparé comme un forçat pour décrocher son sésame lors de la course de sélection de Regensdorf (ZH) à l’automne dernier. Au programme: deux mois intensifs, dont un en isolement à Anzère. «J’en ai vraiment bavé. J’ai fini certaines séances en vomissant. Mais ça a marché, j’ai terminé 2e des sélections. Par contre, à Hyères, j’ai mal géré certaines choses. Le fait de courir devant 11 000 personnes, ça fait quelque chose. Je me suis fait quelques coups de stress lorsque j’ai crû avoir perdu mon accréditation lors de l’échauffement et quand je ne suis pas arrivé à placer la puce de chronométrage dans ma chaussure. Cela m’a enlevé un peu d’influx.»

La course ne se déroule pas comme espéré: dès le départ, ça part vite. Très vite. Naviguant en queue de peloton durant le premier tour, le coureur de La Côte ne résistera pas à la nouvelle accélération du peloton dans la deuxième boucle «J’étais guerrier dans ma tête, mais je n’avais pas les jambes. Et je n’ai jamais trouvé mon second souffle...» Après l’arrivée, les larmes coulent. Amères. Le soutien apporté par le président de la fédération suisse ne sera qu’un maigre réconfort. «Quand je prends le départ d’une course, c’est pour gagner. Là, je savais évidemment que je ne pourrais pas l’emporter. Je voulais faire un top 50, je l’ai manqué...»

L’expérience sera sans doute profitable en vue des futures échéances du jeune Aubonnois qui, il ne faut pas l’oublier, est encore en phase d’apprentissage. A bientôt 20 ans (il les fêtera le 27 avril prochain), il ne compte en effet que trois saisons de course derrière lui. Car avant d’enchaîner les foulées, il se rêvait en champion de ski alpin «On m’a coupé les jambes avant qu’elles ne soient bonnes, assène-t-il. Entre 15 et 16 ans, j’ai passé deux années en FIS. Mais je me suis blessé à la main et on m’a vidé. Ça m’a profondément touché. Pendant un an j’étais mal. Je n’avais plus envie de rien faire».

Le mal-être s’estompe lorsque le jeune sportif commence à aller courir avec sa maman, qui pratique le cross-country et s’aligne dans de grandes courses populaires comme les 20 km de Lausanne ou Sierre-Zinal. «Au début, c’était difficile, c’était tout nouveau pour moi. J’ai alors contacté Tarcis Ancey (ndlr: champion suisse de marathon en 2008) qui m’a donné quelques conseils pour les entraînements. Je me suis alors lancé dans une saison. Pour voir. Et j’ai croché.»

Une rencontre capitale

Inscrit au Lausanne-Sport, Nathan intègre un groupe d’entraînement, avec des entraîneurs et des structures de bon niveau. Mais ce type d’organisation ne répond pas à ses attentes. «Cela ne correspondait pas totalement au niveau d’exigence que je m’étais fixé. Quand je décide de me lancer dans quelque chose, je le fais avec un niveau de professionnalisme assez haut.»

La rencontre du Marocain Mohamed Boulama, spécialiste du 3000 m steeple, va tout changer. «Je l’ai croisé sur une course. Il était sans papiers, dormait à droite et à gauche. Je lui ai proposé de venir habiter avec nous à Aubonne. J’ai alors averti le LS que j’allais m’entraîner à 100% avec lui et profiter de son expérience. Et Mohammed est devenu un pilier très important pour moi.» Le niveau d’exigence de Nathan est plus qu’atteint: nutrition, récupération, management des courses et des entraînements, tout est contrôlé. Et les premiers résultats arrivent avec des titres de champion vaudois de cross et sur 10 km sur route.

Après deux ans à courir par monts et par vaux, vint l’heure du choix: devant la difficulté de concilier sport et études (bac international), Nathan décide, en accord avec ses parents, de suspendre ces dernières. «Cela devenait vraiment très fatigant. Entre les entraînements et les cours, il m’arrivait de terminer à 2h30 du matin. C’était intenable. Maintenant, ce choix, je dois l’assumer. L’athlétisme je n’ai plus que ça. Si ça ne marche pas, c’est retour sur les bancs d’école et ça c’est une perspective qui ne me plaît pas trop. Là, l’athlétisme c’est ma vie et je me consacre à fond à ça.»

Des objectifs élevés

Au sein de sa structure personnelle – principalement composée de Mohamed Boulama et de Stéphane Joly pour les entraînements, de sa maman et de Manon, sa petite amie, qui tient le rôle de manager –, Nathan va poursuivre sa progression en 2016, où il évoluera dans la catégorie Elites. Il disputera les championnats suisses de cross-country en mars – «J’y vise une médaille et je l’aurai», promet-il – avant d’enchaîner la saison sur piste, délaissée l’an dernier. «J’aimerais courir le 3000m, le 5000m et le 10 000m. Avec comme ambition de courir aux alentours de 8’20 sur le 3000 et en 30’ ou 31’ sur 10 000. Ça va être difficile mais je n’ai pas peur de me fixer des objectifs élevés. Je pense qu’il faut ça pour avancer.»

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