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Un opéra pour renouer avec Ignacy Paderewski

Choeurs et musiciens préparent "Manru".

16 mai 2014, 00:01
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dsandoz@lacote.ch

Nommé bourgeois d'honneur de Morges en 1925, Ignacy Paderewski avait signifié son attachement à sa "campagne Riond-Bosson" et aux habitants de la région. "C'est la nature qui m'a amené ici, mais ce sont les gens qui m'ont retenu." Pour lui répondre nonante ans plus tard, Morges se mobilise afin de proposer un programme fourni autour du compositeur et homme d'affaires polonais qui a vécu quatre décennies à Tolochenaz.

Hormis le déménagement du Musée Paderewski qui devrait rejoindre le château l'an prochain, le point fort des commémorations se jouera à Beausobre. Début octobre, à l'initiative du metteur en scène Gérard Demierre, la scène morgienne accueillera, en français et en première mondiale, "Manru" unique opéra d'Ignacy Paderewski.

Pour lui donner voix, les chorales Les Mouettes, Pro Classica et le Choeur d'enfants et l'Orchestre du Conservatoire de l'Ouest vaudois enchaînent les répétitions. Ce collectif local viendra appuyer les six chanteurs et chanteuses - de la soprano au baryton - qui incarneront les protagonistes de cette pièce relatant des amours contrariées entre un tsigane et la plus belle fille du village.

 

Inédit en français

 

Créé en mai 1901 en allemand, "Manru" a été traduit en anglais et en polonais, mais jamais interprété en français jusqu'en octobre prochain. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. La curiosité de Gérard Demierre sur cette pièce - qui a conduit à cette ambitieuse aventure - l'a mis sur les traces d'un manuscrit de l'écrivain et dramaturge morgien René Morax qui s'était essayé à une adaptation qui n'avait pas séduit l'Opéra de Paris. Le directeur musical de l'opération Manru, Roger Bucher, s'est donc mis au travail pour en finaliser l'adaptation française.

De l'adaptation aux répétitions en cours, la tâche est considérable en vue de deux représentations seulement, les 3 et 4 octobre, en ouverture de la saison de Beausobre. "C'est bien ce qui me fascine, confie Olivier Cruchet, président du comité d'organisation. Un travail d'une telle ampleur pour quelques instants de spectacle réussi."

 

Réveiller l'effet Paderewski

 

Comme les artistes, les organisateurs ne manquent pas de défi. Pour mener à bien cette opération ambitieuse, quelque 240 000 francs de budget sont requis. "La somme totale n'est pas encore en notre possession, mais les soutiens sont nombreux. Je suis confiant" , lâche l'ancien marchand de vins qui se fixe encore comme objectif de mobiliser un maximum de commerçants du centre-ville pour que la Coquette pavoise aux couleurs du musicien polonais. "Morges et Tolochenaz doivent se réapproprier le souvenir et le patrimoine de ce grand homme, comme cela a été fait récemment avec Audrey Hepburn, également "oubliée" durant quelques années. On voit que l'effet Hepburn, initié en 2012, est durable et rayonne bien au-delà de notre région."

Par cette démarche, les Morgiens rendraient à leur tour hommage à leur bourgeois d'honneur. Car pour ce qui est de la nature à Riond-Bosson, entravée par l'autoroute A1, la Fédération vaudoise des entrepreneurs et les récents immeubles de bureaux du Lake Geneva Park, elle n'aurait plus de quoi attirer le musicien et homme d'Etat polonais qui ne s'y entendrait plus composer.

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