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Chéserex: une piscine comme on n'en fera plus

Les bassins couverts ouvrent samedi aux baigneurs. Retour sur la démarche et les astuces qui ont permis de concrétiser cet ambitieux projet.

06 déc. 2012, 07:01
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La piscine couverte de Chéserex accueillera samedi matin ses premiers baigneurs. Cette ouverture publique - qui devance de quatre jours l'inauguration fixée de longue date au 12.12.12 - conclut six ans de démarches dont deux ans de chantier.

A HAUTEUR DE 5 MILLIONS

Le point de départ du projet qui se concrétise ce week-end se trouve quelque part dans les comptes et le bilan 2005 de la commune qui compte quelques contribuables très intéressants. D'un côté, il y a de l'épargne après des années d'investissements massifs et l'essentiel des équipements réalisés. De l'autre, il y a ces fameuses péréquation et facture sociale qui pèsent lourd et puisent massivement dans les finances communales. Méfiante de voir l'appétit cantonal s'étendre jusqu'à l'épargne, la Municipalité de Chéserex a choisi d'affecter son bas de laine à "un édifice d'intérêt public particulièrement peu rentable et donc peu susceptible de se construire facilement" , disait le premier préavis sur cet objet.

La commune de Chéserex a mis à disposition le terrain dont elle reste propriétaire. Elle investit en outre 5 des 10,8 millions de francs des coûts d'étude et de construction. Le reste est amené par l'Association intercommunale Asse et Boiron (AIAB) qui gère le parc immobilier scolaire. Le Fonds du sport vaudois amenant quant à lui 1,1 million.

 

CONSTRUIRE ET DONNER

Au-delà des coûts de construction, ce sont surtout les frais d'exploitation qui inquiètent les collectivités publiques désireuses de s'offrir une piscine. Pour répartir cette facture annuelle, l'installation de Chéserex sera offerte, mercredi prochain lors de l'inauguration, à l'AIAB, qui prendra en charge le déficit d'exploitation, lequel sera ensuite réparti entre les neuf communes de l'association, Chéserex y compris.

 

EVITER LE CONCOURS D'ARCHITECTURE

 

"Dès le départ, nous avons souhaité concevoir cette piscine sur mesure, pas à pas en partenariat avec deux architectes qui nous avaient convenu sur des chantiers précédents, se souvient l'ancien syndic Jacques Ansermet. Comme quand on planifie sa villa et qu'on réfléchit élément par élément, selon l'enveloppe à disposition." Difficile néanmoins de croire que la législation en vigueur ne force pas une collectivité publique à passer par un concours d'architecture pour un édifice à plus de 10 millions de francs. La SIA, Société suisse des ingénieurs et des architectes, s'en est inquiétée. En vain, car la Municipalité de Chéserex a pu lui opposer un droit supérieur à la loi sur les marchés publics, à savoir le droit d'auteur.

"Heureusement que nous avions choisi cette proposition en forme de coquille que les architectes n'osaient pas sortir de leurs cartons de peur de nous dérouter". Cette brèche législative a peu de chance de se transformer en "jurisprudence piscine de Chéserex", car c'est bien la conception inhabituelle en demi-cercle et le fait que l'étude de faisabilité a pu être considérée comme un avant-projet qui a évité les foudres de la SIA.

 

NEGOCIER AVEC UNE REGION FEDEREE

 

Très tôt présenté à grands renforts d'images de synthèse aptes à faire rêver - et qui se confirment dans la vaste halle aquatique que l'on découvrira dès samedi -, le projet avait séduit les neuf syndics. Mais l'initiateur, Jacques Ansermet, se méfiait bien de la difficulté de convaincre huit conseils généraux ou communaux pour débloquer des fonds de chacun des villages en faveur d'une construction sur son propre territoire.

La création d'une association intercommunale pour la gestion des bâtiments s'imposait suite à la réorganisation des autorités scolaires. Et cela tombait bien, car la piscine entre dans ce cadre. C'est donc une seule assemblée qui a été appelée à débloquer la part ré gionale. Les 50 délégués venus des neuf communes ont levé la main sans sourciller, à l'unanimité.

 

MENER CAMPAGNE AVEC DES SUPPORTERS

 

Une fois les 11 millions réunis, un référendum a contesté le crédit accordé par le Conseil de Chéserex. Un comité en faveur de la piscine s'est constitué sans attendre, prenant part au débat virulent sans que l'Exécutif, syndic en tête, n'ait à monter seul au front.

 

SANS ATTENDRE LE PLAN DE QUARTIER

 

Au lendemain de l'acceptation populaire, tout est allé très vite. Le bâtiment de la piscine a été mis à l'enquête en l'absence du plan partiel d'affectation Les Grands Vignes. Cette anticipation a juste laissé le temps de la négociation avec les opposants. Les pelleteuses sont entrées en action à l'automne 2010. Désormais, place aux nageurs!

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