Communales à Gland: Christine Girod, calme et déterminée

Enfant de Gland, la municipale des écoles, arrivée il y a cinq ans, veut poursuivre l’aventure.
17 janv. 2016, 23:27
/ Màj. le 29 janv. 2016 à 12:21
Gland, vendredi 04.12.2015, portrait des candidats à la municipalité, Christine Girod, candidate à Gland à sa réélection, photos Cédric Sandoz

Christine Girod, comment qualifier votre législature?

Une législature d’apprentissage, de mise en place. Avec un état des lieux qu’il a fallu faire. J’ai aussi tenté de tisser des liens avec les intervenants des écoles et essayé de mettre en place un climat de confiance. Je participe à toutes les réunions de parents, car il est important pour moi de montrer que la commune est à l’écoute des familles. Je crois d’ailleurs qu’on a assez bien réussi.

Organiser les écoles, c’est se projeter à quelle époque?

On a une vision à 2025, en ce qui concerne l’organisation. La démographie annonce 400 élèves de plus, si on part du principe que Gland pourrait avoir 18 000 habitants en 2025. Même si on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres et que la démographie va bien finir par se tasser un jour. Dans tous les cas, il faut anticiper et faire avec les nouvelles tendances, dont celle, à confirmer, de voir les parents mettre de plus en plus leurs enfants dans des écoles privées.

Faudra-t-il construire de nouvelles écoles à Gland?

Non, nous misons avant tout sur des réorganisations et des extensions. On va plutôt essayer de faire avec ce qu’on a. On va bientôt voter la seconde partie d’un financement pour la rénovation des Perrerets, on en profitera pour agrandir un peu.

De quelle marge disposez-vous?

Je pense qu’on sera à l’aise jusqu’en 2019. Mais l’enjeu, c’est chaque fois d’anticiper.

Etre municipale des écoles, ce n’est quand même pas le poste le plus exposé politiquement…

Disons que, effectivement, chacun est d’accord sur le fait qu’il faut des écoles en nombre suffisant et en bon état. Dès lors, oui, les préavis passent facilement. Il n’en reste pas moins qu’il est important de montrer qu’on ne gaspille pas l’argent. Et puis, bien sûr, la construction d’écoles est rapidement acceptée, mais le domaine des écoles, ça reste un terrain potentiellement explosif, car chaque parent veut ce qu’il y a de mieux pour ses enfants. Pour l’heure, tout se passe bien, certes, mais c’est aussi parce que je fais en sorte qu’il en soit ainsi.

Si vous étiez réélue, vous voudriez conserver ce dicastère?

Oui, si j’en ai la possibilité, car je m’y suis beaucoup investie. Ce dicastère me tient à cœur. Ce serait aussi une manière de récolter un peu les fruits du travail fourni et de stabiliser certains gros changements qui ont eu lieu avec, par exemple, l’arrivée d’Harmos.

Vous avez aussi eu le dossier de la télévision régionale, avec un gros souci du côté de la ville de Nyon. Pourtant, malgré un agacement qu’on a pu deviner, vous n’avez rien laissé transparaître…

Faire le poing dans sa poche fait partie de la fonction municipale, comme voir le bon côté des choses. Il y a eu ce refus, le 1er avril 2015, du législatif du Conseil régional, des suites de l’absence du chef-lieu. Dès lors, il a fallu retirer le préavis à Gland. Mais bon… Alimenter une polémique n’aurait rien changé au problème de base, et je n’aime pas les rapports de force. Et puis soyons honnêtes, après ce gros couac, la ville de Nyon a très bien réagi et, aujourd’hui, on peut imaginer sauver NRTV.

Dans un premier temps, le PLR a présenté deux candidats. Et depuis un troisième est arrivé. Est-ce parce que vous avez, entre-temps, entendu les malheurs de la gauche?

Non, pas du tout. Notre assemblée générale voulait présenter trois candidats depuis le début. Car nous voulons assurer le maintien de nos deux places à l’exécutif, c’est un minimum. Et essayer d’en obtenir une troisième.

Le PLR attaquera-t-il le seul siège PS?

A titre personnel, je pense qu’il serait dommage d’éradiquer complètement la gauche de la Municipalité. Ça crisperait considérablement les choses.

Dès lors, vous attaquerez l’un des 4 sièges GdG…

Attaquer n’est pas le bon mot. Il faudrait dire: marcher un peu sur leurs plates-bandes.

Si vous êtes trois élus PLR, tenterez-vous la syndicature?

C’est une discussion que nous n’avons pour l’heure pas eue au PLR. Notre objectif, c’est le premier et le deuxième tour.

Qu’est-ce qui vous a déplu durant ces cinq ans?

Je dirais que, émotionnellement, les deux référendums nous ont tous beaucoup marqués. C’est dommage car le Conseil communal avait, lui, bien compris notre démarche. Comme il représente le peuple, nous pensions que tout se passerait bien. Mais non. Notre regret, c’est donc de n’avoir pas su se faire entendre de la population. De là à dire qu’on a fait tout faux, je ne crois pas. C’est la règle du jeu démocratique. Il faut s’y faire. Reste qu’avec la piscine, Gland a un peu loupé son rendez-vous avec l’avenir.

D’autant qu’un des référendums, contre les impôts, a été porté par votre propre parti politique…

C’est vrai. C’est la difficulté entre la collégialité et la fidélité au parti. Je n’ai pas pris cela personnellement, mais ce n’a pas été toujours très facile à vivre.Mardi: Isabelle Monney et Michael Rohrer

par Rodolphe Haener