Communales à Gland: Jeannette Weber, patronne et gestionnaire

Conseillère communale depuis cinq ans, la présidente de la section glandoise compte bien intégrer l’Exécutif.
19 janv. 2016, 23:31
/ Màj. le 20 janv. 2016 à 10:45
Portrait de Madame Jeannette Weber candidate PLR a la municipalite de Gland 07.12.2015

Jeannette Weber, pouvez-vous vous présenter brièvement?

J’ai grandi à Zurich et vis à Gland depuis trente-cinq ans, où j’ai ouvert mon salon de coiffure il y a trente ans. J’ai deux enfants qui sont aujourd’hui adultes. J’ai notamment œuvré pour l’Association des commerçants de Gland, en organisant deux éditions de Gland Expo. J’ai toujours eu envie de faire de la politique, mais jusqu’à récemment, j’étais très impliquée dans l’association patronale «Coiffuresuisse» en tant que présidente de section et commissaire professionnelle pour le canton de Vaud. Le PLR était le parti qui correspondait le plus à mes valeurs.

Et alors, tout s’est accéléré…

Oui, j’ai fait les choses assez rapidement. En 2011, je suis entrée au Conseil. En 2012, j’étais candidate pour la députation, ce qui m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes dans le parti. Dans la foulée, je devenais présidente de la section glandoise du parti.

Et cette année, vous souhaitez la Municipalité…

Oui, c’est un peu une suite logique. J’ai de bons contacts avec les membres du collège. Je me vois très bien comme municipale. Quand on est entrepreneur, on comprend peut-être mieux la gestion d’une collectivité publique. Je vois la Municipalité comme un travail pour le bien des citoyens. Travailler main dans la main avec les employés communaux me plairait bien.

Vous y aviez déjà songé?

Si Olivier Fargeon (ndlr: municipal PLR) n’avait pas annoncé son retrait, cela ne me serait pas venu à l’idée. A l’annonce de son départ, petit à petit, j’ai eu des discussions avec chacun, et cela m’a convaincu.

Avec trois candidats, votre ambition, c’est trois sièges? Il y a cinq ans nous avions aussi présenté trois candidats pour donner un choix à la population et nous n’avions qu’un siège à l’époque. A la base, nous voulions conserver prioritairement nos deux sièges. Mais voyant le succès du PLR sur la scène fédérale, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire et que si nous étions élus les trois nous pourrions faire du bon travail.

En tant que conseillère communale, vous avez accepté le dossier de la piscine et la hausse des impôts. Et, droit derrière, votre parti, dont vous êtes la présidente, lance un référendum. N’est-ce pas contradictoire?

Quand on fait un référendum, on convoque une assemblée générale avec tous les membres du parti. J’ai laissé un vote se faire et la majorité a décidé de combattre cette hausse.

Un léger manque de cohérence?

A titre personnel, j’étais contre ce référendum, mais un parti fonctionne par sa majorité. C’est la politique et la démocratie.

Mais ça condamnait un peu le projet de piscine?

C’est possible. Mais la grande erreur a sans doute été de présenter ces deux dossiers ensemble. Si la Municipalité avait soumis le projet de piscine quelques mois avant, peut-être aurait-ce été plus simple. Dès lors, une fois la piscine combattue par un membre du GdG et que le peuple l’ait refusée, j’étais contente que les impôts soient rejetés également. Ça aurait été insensé… Maintenant, il faut maintenir ce taux d’imposition le plus longtemps possible et respecter le choix de la population.

Reprenons: vous lancez un référendum contre la hausse d’impôts, privilégiant les économies, et chacun reproche à votre parti de n’avoir jamais tenté d’amender le budget en cinq ans de Conseil communal. Dans la foulée, certains de vos jeunes membres tentent un amendement pour le budget 2015, mais échouent pour des raisons techniques et protocolaires…

Oui, c’est vrai. Ce n’était pas formidable. Mais ça a été un bon apprentissage pour eux. Ils pensaient bien faire.

Au PLR, on a vu des «jeunes» arriver, comme pressés de sortir du bois…

On a beaucoup discuté avec la nouvelle génération. C’est vrai qu’il y a une manière d’approcher les dossiers. Mais d’un autre côté, on observe que les séances du Conseil sont très calmes, qu’on ne fait que voter sans beaucoup débattre. Cette jeunesse-là donne aussi une nouvelle impulsion.

Comment draguer les PME?

Il faut attendre la Réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) au niveau cantonal tout en continuant à faire venir des commerces. Ce dont nous manquons. Pour garder un tissu économique fort et redynamiser la ville, on devrait pouvoir travailler en proximité avec les commerçants et arranger parfois des situations.

Faut-il faire venir davantage de gens fortunés à Gland?

Il faut pouvoir obtenir une mixité. Car le problème est le suivant: si on ne fait que construire de la PPE, les contribuables auront des hypothèques, et paieront peu d’impôts. Même chose pour les citoyens qui intègrent des loyers abordables: ils ne paient pas beaucoup d’impôts. Il faut pouvoir trouver le bon équilibre. Ce n’est pas facile, d’autant que construire au bord du lac semble aujourd’hui inconcevable. La LAT voulant densifier les centres urbains, il faut veiller à ce que cette densification se fasse harmonieusement.

Quelle est votre vision pour Gland?

Entre les constructions de quartiers et le réaménagement du Vieux-Bourg, il est important de créer un peu de vie et de places publiques, de verdure, de parcs. Profiter des projets pour faire des choses agréables pour le bien être des citoyens.

par Rodolphe Haener