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Des Vert'lib très remontés

Ce soir, ce parti va débattre d'une alliance avec l'UDC pour la course au Conseil d'Etat lors de son assemblée générale.

10 janv. 2012, 00:01
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m-c.fert@lacote.ch

Tempête sous des crânes. Ce soir, l'assemblée générale des Vert'libéraux vaudois s'annonce houleuse. Affirmant un ancrage à droite, les responsables du parti, Isabelle Chevalley en tête, ont souhaité un rapprochement avec le Parti libéral radical et l'UDC en vue de l'élection d'un conseiller d'Etat Vert'lib; l'idée étant de donner le plus de chances possible au seul candidat annoncé, le Glandois Patrick Vallat... bien que ce dernier ait déclaré dans nos colonnes qu'il n'était pas "UDC compatible " ("La Côte" du 23 décembre). Et il n'est pas le seul dans ce cas puisque des Nyonnais se sont vivement opposés à un tel rapprochement dans une lettre ouverte: ils espéraient que la base du parti "ne sacrifie pas ses valeurs sur l'autel des calculs politiques" . De là à annoncer leur démission si ces fiançailles se confirment, il y a toutefois un pas.

 

"Nous sommes ridicules!"

 

"Nous sommes ridicules! On s'est tirés une balle dans le pied et on a du mal à la faire sortir. Mais je resterais quoi qu'il arrive. Si cet accord est accepté, cela ne veut pas dire que ceux qui l'approuvent resteront majoritaires longtemps", souligne le conseiller communal Patrick Buchs. Très remonté, il regrette que les responsables de son parti n'aient pas consulté la base et proposé un plan B, à savoir une alliance des centres avec l'UDC, l'UDF, Vaud Libre. " En plus, nous risquons de perdre une partie de notre électorat pour une chimère. Car, franchement, quelles sont nos chances réelles d'avoir un conseiller d'Etat? ", tonne-t-il, persuadé que cette proposition sera rejetée.

" L'alliance avec l'UDC ne se fera probablement pas ", prédit également David Vogel. Notamment, précise-t-il, parce que le vote va se faire à bulletins secrets ce qui limite d'éventuelles manipulations. Et lui aussi n'envisage pas de quitter les Vert'lib s'il a tort. " On ne construit pas un parti à coup de menaces de démissions. Dans toutes les formations politiques, il y a des discussions de ce type" , assure-t-il. Et d'ajouter que "l'UDC n'est pas un parti de fachos, il représente la droite traditionnelle et on ne peut pas faire comme s'il n'existait pas." En élu aguerri aux joutes politiques, il note que la gauche n'est pas la mieux placée pour donner des leçons. " Je cherche encore les points communs entre le Parti socialiste et les Verts ", ironise-t-il.

 

"On a besoin d'avoir davantage de députés"

 

De son côté, Denise Fonjallaz avoue que cet éventuel rapprochement "la dérange profondément. On ne vend pas son âme pour faire des voix!" La conseillère communale rappelle qu'elle avait quitté les radicaux en 2008 en raison des liens existant avec le parti agrarien.

"J'ai l'impression de remonter le temps , regrette-t-elle. Rien ne plaide en faveur de cette alliance. On a besoin d'avoir davantage de députés (ndlr: trois actuellement) plutôt qu'un hypothétique conseiller d'Etat! " Un désaccord qui l'inciterait à démissionner? "Je n'en sais rien. Je vais voir comment se déroule l'assemblée générale. Et puis notre parti est représenté depuis cette législature au Conseil communal, ce qui me donne des responsabilités", répond l'élue.

Ce soir, le bât risque de blesser sur la question des députés. Avant la réunion cantonale, la section nyonnaise doit établir sa stratégie et annoncer ses candidats à l'élection au Grand Conseil. Sur la liste devrait figurer une dizaine de noms. Sauf qu'en cas d'alliance avec l'UDC, certains demanderont à prendre le temps de la réflexion avant de donner leur accord définitif. Fin du suspense ce soir.

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