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La politique n'est pas une affaire de jeunes

Près de 30 candidats de moins de 25 ans se lancent dans la course au Grand Conseil. Cependant, très peu d'entre eux ont des chances d'être élus. Ils ne se découragent pas pour autant.
05 août 2015, 09:18
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lmorel@lacote.ch

Zéro. C'est le nombre actuel de députés au Grand Conseil qui ont moins de 25 ans. Le plus jeune d'entre eux n'est autre que Grégory Devaud, né en 1984. C'est à se demander si les 29 candidats de La Côte (17 dans le district de Nyon, 12 dans celui de Morges) qui n'ont pas franchi le quart de siècle se lancent dans la course au parlement vaudois avec des réelles ambitions?

"J'espère sincèrement être élu. Les jeunes ne sont pas correctement représentés" , affirme pourtant Maxim Wuersch (23 ans), candidat radical. "Évidemment que j'espère gagner un siège, même si je ne me fait pas énormément d'illusion" , renchérit le socialiste Alexandre Démétriadès (20 ans), tout comme le Vert'libéral Cédric Delétra (24 ans). Alors que les cas des Verts Yvan Rytz, élu à 18 ans, ou Raphaël Mahaim, à 23 ans, restent assez isolés, pour le président du POP nyonnais Larry Sarrasin (24 ans), ces élections ont deux objectifs: "J'ai l'espoir d'être élu, je n'y vais pas en tant que spectateur. Mais être candidat est aussi une bonne manière de militer pour mes idées." De son côté Philippe Aubert calcule ses chances. "Puisque nous visons cinq sièges dans l'arrondissement de Morges, j'estime que j'ai une chance sur trois d'être élu. Je pense qu'il est possible d'avoir de jeunes élus. Une campagne dynamique, différente et originale peut plaire" , assure le socialiste de 22 ans.

 

Sur les réseaux sociaux

 

La plupart des jeunes candidats ont leur manière de faire campagne, en utilisant les réseaux sociaux notamment. "Facebook est un outil dont les jeunes doivent profiter, même s'ils ne sont pas les seuls à l'utiliser, lance Alexandre Démétriadès, qui compte notamment sur les voix de ses anciens amis du Gymnase de Nyon. Mais au PS, on ne fait pas réellement de campagne individuelle. Je vais donc essayer de véhiculer les idées du parti." Les blogs sont également largement utilisés, notamment par Philippe Aubert, Maxim Wuersch ou Cédric Delétra, les deux derniers ont par ailleurs choisi de faire une campagne plus "traditionnelle". "J'axe ma campagne personnelle essentiellement sur le réseautage, comme le bouche à oreille ou l'envoi de cartes postales par des amis à leurs connaissances, raconte le jeune PLR. Je prévois également de faire quelques actions ponctuelles (distribution de roses ou croissants)." Quant au Vert'libéral, il a prévu notamment d'envoyer des courriers à ses connaissances.

 

Autant à droite qu'à gauche

 

Pour beaucoup, jeunesse rime depuis longtemps avec partis de gauche. "Je n'en ai toutefois jamais eu l'impression" , assure l'UDC Maeva Dubois (19 ans). Aujourd'hui, même les politiciens de gauche acceptent de dire que la droite s'est également positionnée. "La droite s'est décomplexée et cela peut être bien vu d'en faire partie pour un jeune, lâche Larry Sarrasin. La balance commence à s'équilibrer." Même son de cloche chez Alexandre Démétriadès: "Tous les partis sont friands de jeunes. Le PLR de Nyon a fait beaucoup d'efforts à ce niveau. Les mentalités évoluent."

Si les partis cherchent à attirer les jeunes candidats, c'est que malgré le taux de participation plutôt faible des jeunes électeurs, ces derniers représentent un nombre de voix non négligeable. Tous les partis cherchent à avoir des listes mixtes, avec des candidats venant de tous les coins du district, hommes et femmes, et jeunes comme plus âgés. "Mais les jeunes se désintéressent de la chose publique, regrette Maxim Wuersch. Les partis politiques peinent à mettre en avant leurs jeunes membres, notamment lors des élections, contrairement aux partis en Valais." Et le radical d'ajouter: "Le manque d'instruction civique à l'école contribue à cet état de fait."

 

Maeva Dubois élue?

 

Dans ces conditions, difficile de faire un pronostic. Élu lors de la dernière législature, le Vert Raphaël Mahaim (29 ans) raconte: "Il y a cinq ans, j'avais peu d'espoir, mais j'y croyais. Je pense que je suis passé car je connaissais beaucoup de monde. Les cantonales ne sont pas des élections anonymes. Il est difficile de dire qui va passer cette année. Mais je pense que plusieurs jeunes espèrent entrer au Grand Conseil en tant que viennent-ensuite." Tous les jeunes candidats s'accordent à dire qu'ils espèrent voir un maximum de jeunes élus.

Un nom revient toutefois dans plusieurs bouches, celui de Maeva Dubois. "Elle a ses chances" , confirme Larry Sarrasin. "Elle assimile bien la pratique du marché. Par ailleurs, elle connaît beaucoup de monde, notamment dans les campagnes" , avoue Alexandre Démétriadès. De son côté, la principale intéressée est surprise d'entendre son nom cité par d'autres candidats. "Mon but principal est de défendre mon parti, je ne me fais pas particulièrement d'illusion quant à mon élection, dit-elle. Le fait d'être une jeune femme donne une bonne image. Mais il est vrai que je m'en étais bien sortie lors des élections au Conseil national. Du coup, j'espère vraiment être élue." Réponse dans un mois et un jour.