Quand des personnalités évoquent leur meilleur concert entendu à Paléo

La Côte a publié 40 commentaires de personnalités des districts de Morges et de Nyon sur leur meilleur souvenir musical à Paléo. Certains méritaient d'être publiés dans leur intégralité, un autre est arrivé... trop tard. Retour sur ces parenthèses musicales.
25 août 2015, 16:13
Didier Lohri.
Debat NRTV sur le PIR.
(Samuel Fromhold)

Philip Jennings, secrétaire général de UNI Global Union à Nyon: "Seun Kuti en 2008. J’ai rencontré Seun en 2003 alors qu’il était étudiant avec mon fils à l’Institut des arts du spectacle à Liverpool et qu’ils partageaient un appartement ensemble. A notre première entrevue, il m’a dit d’un ton convaincu: «Un jour, je passerais en concert au Paléo». «Rêve toujours», ai-je pensé … Cinq ans plus tard, il était effectivement au programme du Paléo et je peux en témoigner.La légende Kuti continue à se perpétuer. Merci Paléo !"

La Morgienne Nuria Gorrite, conseillère d’Etat: "On dit que la musique permet la communion et qu’elle rassemble ceux qui l’écoutent autour d’une même émotion. Rien n’est plus vrai en ce qui concerne le concert auquel nous étions nombreux à assister ce 26 juillet 2008 sous le Chapiteau. La pluie a déchiré le ciel de l’Asse. Dans la pénombre et la chaleur moite, nous avons attendu Alain Bashung. On le savait malade, on lui était reconnaissants de venir et de chanter encore cette fois, une des dernières. Il nous a livré un concert beau, solennel, derrière ses lunettes sombres, sous son chapeau noir, ses doigts tendus vers ce ciel qui l’appelait. Il était là, digne, affaibli. Ce soir-là, nous étions nombreux à verser une larme sous le Chapiteau. Nous lui avons dit merci, nous savions que nous lui disions adieu."

L’artiste nyonnais Bernard Garo : «Plus les années passent, plus les souvenir se mêlent et se croisent dans mon esprit, tant il y a eu de grands moments et d'immenses concerts et j'en ai malheureusement manqué certains. Malgré cela, quelques groupes devenus phares sortent du lot comme Noir Désir, Rem, the Cure, Bashung, Ben Harper et Muse que je suis depuis leur apparition et que j'affectionne tout particulièrement, reconnus sont-ils pour les live. Mais par envie d'histoire, parce que c'est la 40ème édition,et que je tente de me prouver que moi aussi j'ai été jeune, je me rappelle d'un concert mémorable des Stranglers quand le Paléo était encore situé près de la Piscine. En raison de la chaleur et de la sécheresse de cette année-là aussi, nous avions mangé de la poussière étant donné qu'avec l'insouciance de notre jeunesse nous tentions de vivre le concert dans la masse pogotante des premiers rangs. Maia encore là, l'année me fait défaut, en raison de la foison des riches souvenirs qui jalonnent le parcours du Paléo et qui surgissent à ma mémoire visuelle et sonore, plus émotionnelle qu'analytique et historique. Ces derniers concerts sont tous encore bien présents dans ma tête sans distinction d'année, ce qui prouve leur intensité, et dans ce cadre, pour moi, la date n'a plus aucune importance tant ils sont gravés dans mon coeur. Il faut prendre en considération que ces moments forts lient l'ambiance et le cadre, le moment avec la qualité du concert et sa prédisposition et son envie de suivre de l'intérieur ou de l'extérieur un concert comme de son positionnement, c'est cela la vie des concerts et d'un live à Paléo. Les ingrédients de cette réussite sont tout de même la surprise, la générosité, l'intensité, le charisme, l'émotion qui varie selon son engagement face à celui-ci. Un peu plus récemment, c'est Oxmo Puccino qui m'avait très fortement impressionné par sa poésie, sa musicalité et son charisme, mais à ma décharge je n'ai peut être jamais pu assister à tous les concerts et aux meilleurs.»

Nicole  Krummenacher, présidente de l’école de musique de Nyon :"Toujours curieuse de musiques,  il m’est difficile de dire, sur tant d’années, quel est le concert qui m’a le plus marqué car ils sont nombreux. Par contre, très sensible à la générosité des artistes, à leur présence en scène et à la volonté de partager avec le public, j’ai quelques fois été déçue par des artistes de renommée, et conquise par d’autres quasi inconnus ou desquels je ne m’attendais pas à recevoir pareilles émotions. Dans les dernières éditions, Bénabar est de ceux-ci, sur la grande-scène en 2012 : chroniqueur de notre quotidien mélangeant humour et sarcasme tout en démontrant ses valeurs riches en sentiments humains. Les concerts classiques m’apportent également une douceur colorée dans l’inédite «ambiance Paléo», et le succès que ce rendez-vous rencontre lors de chaque édition me reporte aux souvenirs précieux vécus avec Mario et la famille Alberti."

Didier Lohri, syndic de Bassins: "Le concert de Niguel Kennedy. 1993. L'habit ne fait pas le moine et ce clochard punk possède une virtuosité extraordinaire. Ce mélange de classique et pop était simplement sublime. C'est trop réducteur de devoir choisir un concert car chaque année, il y a des merveilles liées à l'humeur et à l'état d'âme. Comment évincer des Zaz, Eicher, les musiques du monde et Henri Dès pour le côté émotionnel et le regard de mes enfants? Non la musique est trop universelle pour vous donner qu'un seul concert."