Pelichet-Tachet: une page qui se tourne en douceur

Après septante ans de présence dans la région, l'entreprise Pelichet-Tachet s'apprête à rejoindre le groupe Posse Peinture. Une transition qui aura lieu sous l'oeil avisé de Rémy Pelichet.

17 oct. 2014, 10:38
Rémy Pelichet épaulera son ancien apprenti Charles Keller jusqu'au 31 décembre 2015, date de son départ à la retraite.

gregory.balmat@lacote.ch

Des fauteuils au cuir élimé, aucun ordinateur sur les bureaux, des meubles en formica au charme vintage indéniable. Lorsque l'on pénètre dans l'entreprise de peinture et gypserie Pelichet-Tachet, située à quelques encablures du château de Nyon, on comprend immédiatement que l'on a affaire à un dinosaure. Il faut dire qu'avec ses septante années d'existence, dont quarante-sept à la rue du Vieux-Marché, Pelichet et Tachet fait figure de vénérable ancien parmi les entrepreneurs de La Côte.

Et voilà qu'à 69 ans, l'heure de ranger les pinceaux et pistolets à peinture a bientôt sonné pour Rémy Pelichet, directeur actuel et fils du fondateur de l'entreprise, Roger. Avec ce futur départ à la retraite, c'est donc une page qui va se tourner dans le petit monde de la gypserie et peinture nyonnaise.

 

En quête d'un repreneur

 

Lorsqu'il a fallu trouver un successeur, Rémy Pelichet s'est naturellement tourné en direction de ses confrères nyonnais. " Je connais la plupart des gars qui oeuvrent dans la ville. Beaucoup sont passés par notre entreprise en tant qu'employés ou apprentis", explique le futur retraité . Une démarche des plus logiques pour un directeur soucieux de laisser sa société entre de bonnes mains. Malheureusement, aucun des entrepreneurs contactés n'est tenté par l'aventure.

C'est finalement le groupe Posse Peinture, basé à Renens et Vevey, qui remporte la mise. Pourtant, avec ses 150 collaborateurs, ce poids lourd du secteur n'était pas exactement le genre de repreneur que l'habitant de Crans imaginait.

Toutefois, Rémy Pelichet consent à rencontrer Patrick Pulver, le directeur de Posse Peinture. Ce dernier lui fait part de son intérêt de s'implanter dans la région. Rémy Pelichet se préoccupe en premier lieu du sort qui sera réservé à ses quatorze salariés. Le groupe vaudois tranquillise rapidement le patron nyonnais en lui garantissant que rien ne bougera au sein des effectifs.

 

Le successeur idéal

 

C'est même une bonne surprise qui attend Rémy Pelichet quand il apprend l'identité du futur responsable de la succursale de La Côte. "Lorsque l'on m'a appris qu'un dénommé Charles Keller allait prendre les commandes, ce fut un vrai soulagement" reconnaît le Corbeau. Et pour cause, Charles Keller connaît bien Pelichet et Tachet pour y avoir été formé vingt-quatre ans auparavant. Un choix judicieux susceptible de rassurer une clientèle fidèle et très attachée à la longue histoire de cette entreprise familiale. Quoiqu'il en soit, Rémy Pelichet tient à ce que la transition se fasse en douceur, c'est pourquoi il restera dans l'entreprise jusqu'au 31 décembre 2015.

 

Le souci de l'emploi

 

"Mon père, Roger Pelichet , a commencé avec un vélo et une échelle en 1939", se remémore Rémy Pelichet. L'entreprise a traversé les années avec le souci du travail bien fait mais également celui de créer de l'emploi au niveau local. "Mon père donnait sa chance à toute personne travailleuse et motivée, qu'elle soit formée ou non". Et pour que la société traverse sans encombres les périodes plus difficiles, le directeur de l'époque n'a pas hésité à acquérir des bâtiments à rénover au centre-ville de Nyon. "Ça tenait les employés occupés et puis cela permettait également de les loger. Les temps ont bien changé" , conclut Rémy Pelichet.